Voilà une question particulièrement stupide qui amène une réponse encore plus stupide : si tu ne te réveille pas, c’est que tu es mort !
Tout est dit.
Il faut nous réveiller chaque matin pour vérifier que nous sommes vivant, that’s life !
Seulement voilà, je n’aime pas le matin donc sensément je n’aime pas le réveil qui a pris la fâcheuse habitude de se dérouler le matin. Avec une telle logique, ce texte risque d’être aussi intéressant qu’un documentaire de chasse et pêche.
Il faut donc se poser la vraie question : Pourquoi je n’aime pas le matin ?
Parce que j’aime la nuit !
Pour ceux qui ne feraient pas la corrélation je vais tenter d’être un peu plus explicite. Qui dit aimer la nuit, dit se coucher tard ou fort tôt. Qui dit vraiment aimer la nuit, dit profiter pleinement des débordements de la vie nocturne, communément appelées : soirées bien arrosées. Partant ce précepte, le réveil ne peut être que cauchemar.
Vous avez quitté de votre plein gré l’établissement (en réalité, vous avez une fois de plus fait la fermeture et on vous a presque jeté dehors) qui a vidé vos poches et rempli votre vessie, pour vous rendre compte qu’il est 5 heures du mat (heure du réveil dans la chanson).
Vous rentrez péniblement chez vous maudissant ce fameux verre de trop que vous ne refusez jamais (cela s’appelle de la politesse). Une fois sur place, vous évitez presque sans bruit tous les obstacles vous barrant le passage pour vous glisser discrètement dans votre lit avec l’élégance de l’hippopotame bourré. Malgré les râles de votre épouse, vous plongez instantanément dans un sommeil lourd rythmé par des ronflements atteignant le niveau 7 de l’échelle de Richter.
Vous ne rêvez pas, vous cuvez…
Vous êtes bien, détendu quand ce « r@gh+£ » d’halogène vient transpercer vos paupières et cramer votre iris déjà rougis. Votre dame, même si elle ne l’avouera jamais, se venge de l’épouvantable fin de nuit qu’elle vient de passer en poussant un tonitruant : « 7h40 ! Il faut emmener la petite à l’école. ».
Généralement vous tentez un timide : « je me sens pas bien, tu ne peux pas l’emmener mon amour ? » qui est toujours suivit du triomphale : « je suis déjà à la bourre, je travaille tôt moi ! ».
La sentence est sans appel : debout espèce d’ivrogne !
Vous détaché délicatement le filet de bave qui vous reliait à l’oreiller pour progresser telle une taupe presbyte (les taupes ont aussi une vie sexuelle) entre le montant du lit et le mur. Vous savez pertinemment que le passage se réduit au niveau de la porte et vous vous décalez pour éviter le choc frontal. Seul un détail vous a échappé, vous avez jeter vos chaussures en vrac et par manque de chance, elles ont atterri au mauvais endroit. Evitant de justesse l’entorse (erreur car vous teniez là un bonne excuse de ne pas emmener la petite à l’école), vous balancez promptement votre autre pied pour retrouver votre équilibre. La douleur du choc ressenti lors du contact tibia/coin du lit est indescriptible. Vous mordez votre poing pour bloquer le cri qui résonne dans votre gorge tout en imitant la danse du flamand rose en rut (fort jolie quand on a des ailes et que l’on est un flamand rose). Votre fille vous regarde en pouffant avant de lâcher presque agacée : « Papa, et mes céréales ! »
Vous tentez de retrouver un semblant de dignité, vous rentrez le ventre, bombez le torse et vous vous dirigez vers la cuisine en boitant. Comme toujours et comme tout homme, vous ne trouvez rien et votre femme vous indique du coude l’emplacement des ingrédients nécessaires au petit déjeuner. Si ma dame s’exprime avec les coudes, ce n’est pas parce qu’elle est manchot, mais parce qu’elle se brosse les dents tout en poussant des « hmm, humph humm » inamicaux.
Les cheveux hirsutes, l’haleine pas teuse mais bien pire, vous allez connaître le second choc douloureux de la matinée. En arrivant au salon, vous êtes accueilli par Dora l’exploratrice qui vous casse les oreilles avec son franglais débile. Je ne vous l’avais pas précisé mais une douleur localisée au niveau du cuir chevelu rend tout bruit insupportable depuis votre réveil et il n’y pas pire cacophonie que Dora, son abruti de singe et ce stupide renard chipeur.
Il faut ensuite choisir les habits de votre fille en espérant qu’elle ne vous en voudra pas plus tard en voyant les photos de classe. Il faut la peigner et vous habillez en moins de cinq minutes. Généralement, vous remettez les habits de la veille et il est trop tard quand vous vous souvenez de l’épisode du verre renversé sur votre pantalon. Vous courez à la salle de bain pour domestiquer votre tignasse en planquant les épis avec de l’eau tandis que votre fille est déjà dans le couloir.
Bien sûr, il fait froid, très froid, et vos cheveux mouillés gèlent instantanément tandis que vous frottez le pare brise.
Plus que deux minutes, mais vous êtes dans les temps. Vous soufflez dans vos mains pour les réchauffer mais surtout pour vous rendre compte que vous avez oublié de vous brosser les dents (pourvu qu’il n’y ait aucune maman connue qui vienne vous faire la bise).
Votre fille est à l’école, vous retrouvez votre lit douillet et vous êtes persuadé d’une chose : vous n’aimez ni le matin ni le réveil.
Fred de Mai
« Pensée purement masculine et peut être discutable. Note du 09.02.06 | Home | Que l’on me désigne le responsable. Note du 07.02.06 »
Related posts:
- Place related post plugin php here...











