Je suis de ces gens qui, dès que se ferment leurs paupières, rejoignent un monde imaginaire. Certains rêves deviennent romans, scénario ou note, d’autres tombent dans l’oubli d’un matin endormi tandis que certains résistent, persistent au point de croire que réellement ils existent.
Je rentre chez moi dans un froid sec qui gifle mon visage. En passant la porte de mon foyer je ressens instantanément la douce tiédeur du nid douillet qui m’accueille dans ses bras juste assez chauds pour me faire oublier les morsures d’un hiver qui perdure. Plus je m’enfonce dans mon antre plus monte en moi cette chaleur qui devient oppressante quand je l’aperçois. Il est assis sur mon canapé sans que je l’aie invité. Je ne le connais pas malgré cette impression moins surprenante que dérangeante de savoir, d’avoir toujours su. Il me regarde et m’invite à m’asseoir d’un regard où luisent les abimes du mal. J’ai trop chaud maintenant et je sue de chaleur, de stupeur, tout simplement de peur. Mes lèvres sont sèchent, de ma voix d’outre-tombe :
« Pourquoi moi, pourquoi maintenant ?
Tu ne le sais pas ? »
Je ne sais pas, je ne sais plus, je me sens fiévreux.
« Ai-je fait quelque chose de mal ?
Bien au contraire,
Je ne comprends pas,
Je jalouse ton bonheur »
Je reste là, sans voix, sans vie, à me dire que le diable m’envie.
« Que voulez-vous ?
Faire un pacte.
J’ai lu Faust !
J’ai connu Goethe »
Je ne sais que répondre, j’aimerais fuir avant de cuire.
« Si je refuse ?
Jamais personne ne refuse !
Que me proposez-vous ?
L’immortalité ?
Pour voir mourir ceux que j’aime, à quoi bon.
La notoriété ?
C’est tentant, mais je préfère la mériter
La richesse ?
Elle ne fait pas le bonheur
Le pouvoir ?
Ce doit être épuisant d’être puissant
L’amour ?
Je vois que vous connaissez mal ma vie
Que veux-tu à la fin ! »
Le ton est ferme, je tressaute puis tremblote, je n‘ose lui dire que je n’attends rien de lui, que j’aime ma vie, surtout sans lui. Mais j’ai peur, peur de finir carbonisé par ce regard où brûle l’Enfer. Alors je me tourne vers le seul espoir qu’il me reste, une dernière fois je lève les yeux comme on dresse un étendard et d’une phrase assassine, je le crucifie.
« J’aimerais simplement croire en Dieu »
Le diable a disparu et je me suis réveillé,
Comme je l’ai toujours été,
Athée…
Related posts:
- Place related post plugin php here...
Comments
This entry was posted on Mardi, janvier 29th, 2008 at 9:04 am and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












la méritER
athée
sinon, attention à ne pas tirer le diable par la queue hein…
Sharky > certains ont un petit Robert, moi j’ai un Sharky. c’est peut être cela que le diable m’envie…
Arf, et moi, je ne demande rien en échange, en plus
ni dieu ni diable ne frappent à la porte de mes cauchemars, le premier a passé son chemin, le deuxième ne connaît pas mon existence … C’est mieux ainsi, je me débrouille sans eux !
Joli post Fred ! Et si ce n’était pas un rêve …
Catherine > et si…
C’est excellent ! C’est vraiment un rêve? OU bien est-ce une mini nouvelle ? Car j’ai trouvé cette lecture fantastique!
cece > un peu des deux…