Il est de ces matins où le réveil sonne comme le glas. La paupière se lève sur un œil injecté du sang qui va couler tout au long de la journée. Vous savez que tout ira mal, qu’il vous suffirait de vous rouler sous la couette pour retrouver cette chaleur rassurante, de fermer les yeux pour retrouver ses rêves, de serrer les poings pour signifier au réveil qu’il n’est pas le bienvenu.

Mais rien n’y fait, cette boule au ventre déforme vos rêves en grimaces cauchemardesques, cette douleur dans la poitrine vous rappelle qu’à tout moment, tout peut s’arrêter. Plus de tic tac, plus de temps qui passe, au mieux le néant, au pire l’enfer et cette souffrance acide qui ulcère vos entrailles tordues par la peur.

Pourtant vous étiez au courant, vous étiez presque préparé, pas vraiment prêt mais averti que la guillotine à tout moment pouvait tomber, que le ciel pouvait à nouveau vous tomber sur la tête, vous ramenant au fond, tout au fond, poussé par cette chape de plomb accablante que vous n’aurez pas la force de briser, ni même de subir, pas même de creuser, ne serait-ce qu’un tunnel de l’espoir aux tréfonds de votre malheur. Ecrasé au fond pour mourir dans l’oubli, la honte et le mépris, de l’autre, de soi même, la haine en peine. Maudire ce sort qui s’acharne, voir à nouveau s’effondrer le château de carte qui abritait votre vie paisible à l’ombre d’un donjon fragile.

Alors vous sortez un pied, au rythme de l’ouverture lente d’une paupière, sur un sol froid qui glace bien plus que votre plante et flétri votre cœur. Alors vous vous frottez les yeux pour mieux entendre le malheur qu’on vous annonce. Nu comme un ver, à fleur de chair de poule et cette boule qui toujours vous plie en deux, comprimant vos poumons qui manque d’air tandis que vous manquez d’allure, pleutre courbé prêt à recevoir son châtiment.

Quel courage il faut, à cet instant, pour revêtir l’armure qui épargnera les vôtres, pour sourire comme si de rien était, descendre l’escalier sans jamais perdre le contact,  d’une marche, de la main courante, sans qui votre chute serait évidente. A leurs yeux enfin revivre, reprendre espoir, s’armer de courage pour ne perdre qu’une bataille. Se dire que demain il fera jour, que peut-être vous ferez l’amour, vous donnerez l’envie, peut être la vie, qui continue…

PS : je vais bien, mieux aujourd’hui, encore mieux demain, promis.

Cet article a été posté le Mercredi, 18 février, 2009 à 5:42 .
Catégories: Mes mots.

7 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Heuuuu, je te passe un coup de bigophone ce soir…

  2. FdM

    Damdam > tu imagines ce que je dois écrire pour que tu m’appelles ! ;-)

  3. Je ne sais pas ce qu’il t’arrive, mais suis désolé ;) ) Courage.

  4. FdM

    Deef > cela fait parfois du bien d’écrire ce que l’on a pas pu crier. la plume est une bonne arme de courage. ;-)

  5. La bise mec.

  6. et une pensée amicale avec la bise du californien…

  7. Voilà un bel exemple d’écriture antalgique !
    Mais dans un état pareil je me serais recouché ce qui prouve que j’ai moins de courage !

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