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Le Progrès – Lyon
69L Décines – Vaulx, mardi, 30 décembre 2008, p. 13
Décines
La famille Rom retourne s’installer en Roumanie
Laurence Loison lloison@leprogres.fr
Elle s’était installée il y a quelques semaines, au fond de l’impasse du 281 avenue Jean-Jaurès, juste derrière le local qui abrite l’église évangélique « Parole de vie » : une famille de quinze Roms, originaires de Roumanie. « Quand nous leur avons proposé de s’installer ici, nous l’avons tout de suite signalé à la mairie. Nous avons aussi prévenu les entreprises installées ici, qui étaient un peu inquiètes, notamment parce que l’un des garçons sortait juste de trois mois de prison pour vol de cuivre. Mais tout s’est très bien passé. Cette famille, avec notamment un bébé de moins de deux mois, était dans un dénuement total. On leur a prêté une caravane, et ils ont construit une petite baraque pour faire la cuisine », explique M. Brial, le propriétaire du terrain. Quelques semaines plus tôt, la famille s’était fait expulser du camp qui s’était créé à Décines, à la frontière de Meyzieu, juste en face de l’emplacement du futur Grand Stade. Elle avait alors rejoint un autre camp qui s’était formé à Vénissieux, où les relations semblaient plus difficiles.
La cohabitation avec tout le petit monde de l’impasse s’est bien déroulée. Les Roms recevaient nourriture et soins des associations humanitaires. « Ils viennent en France pour trouver les moyens de s’établir et vivre là-bas. Nous avons lancé une collecte, et nous avons réuni la somme nécessaire, un peu plus de 7 000 euros, pour qu’ils puissent acheter une maison en Roumanie, dans leur village natal. C’est une belle histoire. Ils étaient très heureux, même s’ils étaient un peu pessimistes sur leurs chances là-bas. Mais maintenant ils auront leur maison et ils vont essayer de créer une petite affaire », poursuit M. Brial.
La plupart des membres de la famille sont déjà repartis, et les derniers vont les suivre très vite. Ils bénéficient d’une aide au retour volontaire, qui finance leur retour et leur offre un pécule (300 euros par adulte et 150 euros par enfant).
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J’ai eu envie d’écrire cette histoire :
Ceci est une fiction, s’inspirant de la générosité de M. Briard que j’ai décidé de prénommer René dans mon histoire. Prénom choisi au hasard comme tous les prénoms roumains de cette fiction, trouvés sur le site étudiants du monde.
Avant qu’il ne parte, René s’isola avec Razvan, le chef de famille, pour lui faire promettre de ne pas raconter, de retour dans son village natal, comment il avait eu sa maison. En effet, René craignait que les autres villageois ne se pressentent à sa porte pour lui réclamer une maison. Razvan, comprenant les craintes de son ami, jura de ne rien révéler aux autres habitants de son village et s’engagea au nom de sa famille pour qu’ils tiennent eux aussi cette promesse. René, soulagé, serra une dernière fois son ami rom dans les bras.
Le voyage fut long mais la récompense belle. Razvan ne put retenir une larme en installant toute sa famille dans leur maison neuve située à l’entrée d’un village aux maisons délabrées. La nouvelle de son retour d’apparence prospère fit très vite le tour des villageois qui se précipitèrent à sa porte pour lui souhaiter la bienvenue mais surtout pour savoir comment il avait fait pour s’offrir une si belle maison. Razvan, fidèle à sa promesse, laissa planer le mystère amenant toutes les hypothèses dans les esprits fertiles des autres villageois. Bientôt, des histoires plus folles les unes que les autres se répandirent aux quatre coins du pays.
Quelle surprise quand Razvan trouva sur le pas de sa porte Popovici, son ami d’enfance que la misère avait poussé loin du village. Ce dernier, à qui la chance ne semblait toujours pas avoir sourit, se trouvait avec toute sa famille devant la maison de son ami. Razvan, touché par tant de misère, les invita dans son humble demeure et entraina Popovici près du feu. Ils se remémorèrent leur jeunesse, riche en histoires malgré la pauvreté de leur existence. Ensemble ils burent au goulot, jusqu’au bout de la nuit et c’est les idées troubles que Popovici posa clairement la question qui l’avait poussé jusqu’ici. Razvan, autant éméché que désolé, lui narra la promesse qui l’avait faite de ne pas divulguer son secret aux autres villageois. Dans un moment de lucidité éphémère, Popovici lui rappela qu’il n’habitait plus au village, il pouvait donc, sans trahir, lui conter son histoire. Razvan, dont la lucidité baissait avec ses paupières, se laissa convaincre et révéla son secret avant de faire jurer à son ami de ne le révéler à aucun autre homme puis, s’endormit. Popovici, sous l’emprise de l’alcool et de la chose promise alla retrouver sa femme Madalina sous une vieille couverture élimée. Madalina, qui ne dormait pas, lui demanda à l’oreille s’il avait obtenu le secret qu’ils étaient venus chercher. Popovici, acquiesça mais refusa de lui livrer en expliquant qu’il avait fait la promesse à Razvan, de ne raconter cette histoire à aucun autre homme. Madalina, la perfide, lui rappela qu’elle n’était pas un homme tout en frottant ses formes généreuses contre le torse velu de son mari. Popovici, comme beaucoup avant lui, succomba sur l’oreiller qui n’était en fait qu’une couverture élimée roulée en boule. Avant de s’endormir, il fit jurer à sa femme qu’il savait pipelette, de ne révéler ce secret à aucune de ses connaissances. Madalina, excitée par les révélations de son mari, ne trouva pas le sommeil et décida d’aller au lavoir pour avoir des affaires propres avant le long voyage.
Malgré l’heure matinale, une vieille femme s’activait à blanchir un drap noir de pauvreté. Madalina, la salua et s’installa à coté d’elle. La vieille curieuse ne put s’empêcher de s’enquérir sur cette étrangère qu’elle n’avait encore jamais vue. Madalina, lui apprit qu’elle était la femme de Popovici, le meilleur ami de Razvan. A cette nouvelle, le regard de la vieille s’illumina et la question fut posée. Madalina, refusa poliment d’y répondre sous couvert de la promesse donnée de ne pas révéler le secret aux gens qu’elle connaissait. La vieille lui fit remarquer malicieusement qu’elles ne se connaissaient pas, pour preuve, elles ne savaient même pas leur prénom respectif. Madalina, qui tenait mieux le battoir que sa langue, se laissa convaincre et s’épancha comme la grasse dans l’eau du lavoir. Une fois libérée du poids de son ragot, elle fit promettre à la vieille de ne jamais divulguer cette histoire à un autre humain. La vieille, qui s’appelait Maria, couru se confesser. A la sortie de la messe tout le village était au courant.
A son réveil, la tête pesante et le souvenir repentant, Razvan voulu s’assurer que son ami Popovici ne la trahirait pas mais, ce dernier était déjà parti. Alors il sorti de sa maison grattant son crane douloureux pour découvrir un village désert. Il se dirigea vers le bar pour combattre le mal par le malt et rencontra Cosmin le maçon, à la mine réjouie. Razvan lui demanda les raisons de sa joie apparente, Cosmin lui expliqua que bientôt, en plus de la liesse sur son visage, il aura des liasses plein les poches. Curieux, Razvan lui offrit un verre en échange de l’histoire qui semblait le combler. Ce dernier accepta bien qu’il n’ait pas vraiment le temps de boire devant s’atteler à la tache et construire des maisons avant le retour des autres villageois. Razvan comprit alors que secret de polichinelle se dit secret de Popovici en roumain et se mit à pleurer. Cosmin, pour le consoler lui proposa de l’embaucher car ses employés étaient tous partis. Ils burent un autre verre pour sceller le contrat.
Les villageois, comme le secret de Razvan, traversèrent le pays et c’est des centaines de familles, plus misérables les unes que les autres, qui par un prompt renfort arrivèrent à bon port.
Quand il ouvrit ses volets ce matin là, René n’en revint pas. Son terrain était noir de monde et son monde s’écroulait en même temps que la confiance qu’il portait en Razvan. Quand ils l’aperçurent, tous réclamèrent une maison neuve dans leur village et ne reçurent en échange que des larmes sur le visage d’un homme qui avait mal d’avoir voulu faire bien. C’est alors que René se souvint d’un vieux dicton asiatique et aquatique : « plutôt que de donner un poisson à celui qui a faim, apprend lui plutôt à pêcher ». Cette pensée lui redonna espoir, il prit toutes ses économies et parti pour la Roumanie.
Une fois arrivé au village de Razvan, il le trouva en plein chantier. Ce dernier, en le voyant, se jeta à ses pieds pour implorer son pardon. René, qui était un homme bon, lui pardonna sans même lui passer un savon, bien que cela ait pu s’avérer utile au vu de son état de saleté. Razvan, soulagé lui présenta Cosmin qui embaucha René pour les aider. Cosmin leur expliqua autour d’un verre qu’il ne pourrait pas les payer tant que les maisons ne seraient pas vendues. René le rassura en lui expliquant que les villageois seraient bientôt de retour, riches de l’aide au retour volontaire qui leur servira d’apport pour acheter les maisons. Ils fêtèrent cette bonne nouvelle toute la nuit.
Pendant des mois, ils construisirent des maisons. René mit toutes ses économies à l’achat des matériaux de construction. C’est ruinés mais ravis qu’ils arrosèrent la dernière pierre. Le village était maintenant aussi flambant que vide car les villageois ne revenaient pas mettant le moral des trois maçons au plus bas.
Un jour, des policiers de la ville vinrent les trouver au bar tandis qu’ils buvaient pour oublier. Ils demandèrent à René ses papiers pour constater ce dont on les avait anonymement informés. René d’abord trop occupé puis trop imbibé, avait oublié de se déclarer. On lui accorda un dernier verre avant de l’expulser.
Le voyage de retour fut long et douloureux, mais René comme toujours préféra positiver en ce disant que quoi qu’il en soit, même sans le sou, il lui restait un toit.
René a vite déchanté devant la porte verrouillée de sa maison squattée.
PS : il se murmure tout bas que c’est le curé qui l’a dénoncé…