jan
5
Je me délecte actuellement des contes philosophiques du monde entier de Jean Claude Carrière. L’un de ces contes m’a particulièrement plu, laissez moi vous le narrer.
Un vieil arabe, sur son lit de mort, ordonna que l’on répartisse son troupeau comptant 17 chameaux de façon équitable entre ses 3 fils. Son testament stipulant qu’il léguait la moitié du troupeau à son ainé, un tiers à son second et un neuvième à son cadet. Pendant les semaines qui suivirent, les trois fils furent plus torturés par l’équation insolvable laissée par leur père que par sa perte. Ne trouvant pas de solution pour sortir de cette crise, ils s’adressèrent au sage du village plein d’espoir.
Le vieil homme, qui avait bien connu leur père, les écouta attentivement avant de leur répondre en souriant :
Je fais vous donner un chameau, ce qui vous en fera 18. Nous en donneront 9 à l’ainé soit la moitié, puis 6 au second soit le tiers et enfin 2 au cadet soit le neuvième. Vous pourrez ensuite me rendre le chameau qui reste.
Je pense que nous devrions nous inspirer de ce conte pour sortir de la crise. Plutôt que de retirer leurs capitaux, les investisseurs devraient réinjecter pour permettre à nouveau le partage nécessaire à l’équilibre financier et économique. Une fois la crise terminée, ils pourront reprendre leurs capitaux et continuer à prospérer, comme ils l’ont toujours fait.
jan
4
déc
27
Il est vrai que tout avait mal commencé entre nous. Il m’a fallu trois jours pour te rejoindre alors que je t’attendais depuis neuf mois, avec impatience. 72 heures de ta vie qui m’échappait déjà tandis que j’étais prisonnier d’un métier qui n’allait rien arranger. Heureusement, il y eu cette blessure douloureuse pour le corps, agréable pour le cœur car enfin j’étais près de toi, pour quelques mois, rien que toi et moi tandis que ta mère travaillait, s’éloignait.
Puis, il a fallu que je reparte, plus qu’une séparation, une rupture. Pourtant je n’avais rien vu venir au moment de partir. Au début, j’ai voulu me battre mais tu n’étais pas une chose que l’on s’accapare, alors je suis parti et j’ai tout laissé pour qu’elle puisse t’élever. Pendant un an nous avons appris les règles du jeu, un weekend sur deux.
Nouvelle affectation, nouvelle séparation, nouvelles conditions. Pas assez d’argent pour assurer ma garde d’enfant, plus de weekend, juste des vacances scolaires, à moitié, quatre fois l’année. A chacun de tes départs, j’ai pleuré. Sur chaque quai de gare, j’ai pleuré. Au moindre souvenir de ton regard, j’ai pleuré.
Il y a peu, je disais à un ami que souvent, c’est ce que l’on regrette le moins qui nous manque le plus. Je ne regrette pas mon divorce mais qu’est-ce que tu m’as manqué, jusqu’à en avoir peur du bonheur. C’est idiot, je sais. Personne n’a peur du bonheur et pourtant, tu as été mon premier grand bonheur et je t’ai perdu. J’ai donc refusé tout autre bonheur, de peur de le perdre.
Ma vie s’est améliorée, ma peur s’est apaisée, je me suis remarié, avec le bonheur j’ai renoué, ta sœur est arrivée et l’on s’est à nouveau fréquenté avec plus d’assiduité, moins d’anxiété, habitués, résignés.
Il est 23 heures, mon téléphone sonne et tes mots résonnent : « Papa, je veux vivre chez toi », je suis sonné. Je tempère, je modère même si au fond de moi, j’espère. Tu me regardes droit dans les yeux, tu sais ce que tu veux et moi, je suis heureux.
Un jour, sur le pas d’une porte, j’ai fait un petit signe à un enfant et je suis parti en pleurant. Aujourd’hui, sur mon palier, il y avait un homme avec un regard d’enfant, d’un petit geste, je l’ai invité à entrer, je l’ai embrassé puis en refermant la porte derrière lui, j’ai pleuré.
déc
24
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Quelqu’un qui commence à bien me connaître m’a dit l’autre jour :
« Maintenant que je commence à bien te connaître (je vous l’avais dit), je te verrai bien en homme politique.
Impossible, l’ami. Je crois trop en l’homme et au partage.
Et alors ?
Connais-tu une doctrine politique prônant le partage ?
Oui, le communisme
Parlons maintenant de son humanisme…
Bon, il est vrai que les derniers exemples en date ne sont pas des modèles d’humanisme mais il existe plein d’autres courants politiques plus « humains ».
Le politique ne croit pas en l’homme mais en son vote, c’est pour cela que je ne pense pas être fait pour la politique.
Tu pourrais être prêtre alors, toi qui crois en l’homme et au partage !
Tu te méprends encore l’ami, je te dis croire en l’homme et tu me demandes de croire en Dieu. C’est loin d’être la même chose. De plus, les religions ne prônent pas le partage mais le don de soi. Je ne pourrai donc pas être prêtre.
D’accord, je pensais bien te connaître et je me trompais. Alors partage avec moi l’homme que tu es cela pourra m’éclairer.
Je suis un illuminé qui fait croire qu’il est brillant… »
Je ne sais pas si cette note éclairera votre sapin mais je vous souhaite à tous un joyeux Noël.
déc
18
Comme tout homme moderne, marié à une ménagère de bien moins de cinquante ans, working girl et jolie maman, je me dois de participer aux taches dites ménagères non prévues à l’évolution promise à l’homo erectus mais nécessaires à l’entente cordiale du couple vivant à cent à l’heure.
Par sens de l’équité mais surtout pour cause d’incompétence notoire concernant certaines activités liées au quotidien, j’ai choisi ou plutôt j’ai été relégué aux taches les plus adaptées à mon manque de discernement concernant certaines bases domestiques. Outre la fonction primaire dévolue à l’homme marié qui consiste à descendre les poubelles que sa femme remplie à une allure incroyable de choses inutiles à ses yeux et que vous chercherez ensuite vainement durant des heures, mon domaine de compétences comprend comme principales activités : la cuisine, la couture et l’aspiration frénétique des poussières et autres acariens, invisibles à l’œil de l’homme non préoccupé mais nuisibles à l’équilibre mentales de l’épouse adepte de la tolérance zéro en terme d’hygiène.
Concernant la cuisine, je la considère non comme une contrainte mais comme un plaisir donc jamais je ne rechigne aux fourneaux et rarement d’ailleurs je ne cède ma place malgré les talents indéniables de ma moitié culinaire.
Concernant la couture, je suis tombé dedans quand j’étais petit. L’action féministe de ma mère étant de faire de son fils un homme indépendant même au niveau des taches ménagères. Je n’ai pas un niveau de couture exceptionnel mais il dépasse de loin celui de ma dame donc, à moi fil, aiguille, chat, bouton et l’ourlet de pantalon.
Pour finir, passons à la plus prisée des taches ménagères, celle qui permet à l’homme de manœuvrer, d’exprimer sa puissance et de faire place propre sans trop d’effort. Je parle bien sur de passer l’aspirateur qui est également la seule tache concédée lors de discutions en présence d’autres males aux torses virils et à l’activité ménagère non avouée.
C’est pour cela que j’avais acheté un dyson, car tant qu’à avouer sa participation à l’effort commun domestique, autant le faire avec classe, exhibant un matériel beau et puissant. Voilà donc 5 ans que je n’hésite plus à lâcher insidieusement au cours de certaines discussions : je passe l’aspirateur soit, mais cet un dyson ! Cette simple réplique entrainant soit le regard fuyant de l’homme mal doté, soit le sourire entendu de celui qui fait partie des élus.
Seulement voilà, avec le temps ma force centrifuge s’est amoindrie, ma réplique engendre plus de sourires que de regards fuyants et ma cuve transparente s’est encrassée. J’ai donc décidé de changer d’aspirateur avec l’appréhension de celui qui va changer de monture, voiture enfin tous les trucs en « ure » qui plaisent aux hommes.
Ma première idée a été naturellement de me dire, rien de mieux pour remplacer un dyson qu’un autre dyson, what else ? Cette vérité douteuse et couteuse à volé en éclat dès que j’aperçu les reflets scintillants des spots sur la robe rouge moulant ses courbes généreuses. Coupe aérodynamique, profilée, chaussé large (j’apprendrais plus tard qu’il s’agit de fausse roues masquant de plus petites, moins esthétiques mais plus maniables), terriblement futuriste avec un nom venu de l’au-delà : Xarion.
Je venais de vivre une révolution, une airvolution pour être plus précis en découvrant le dernier aspirateur Hoover designé par Momo (le même qui fait des volants de Ferrari et des casques branchés). Séduit par la carrosserie, il me fallait découvrir ce qui se cachait sous le capot : une technologie aspirante, décoiffante. Je me voyais déjà assoir ma position d’homme moderne dominant en révélant la puissance de mon nouvel aspirateur à un parterre médusé par sa puissance de 22900 G. Non mais vous imaginez, 5000 fois plus puissant qu’une formule 1 !
Mon choix était fait, mon dyson relégué à l’aspiration de nos habitacles automobiles, mon Xarion trônant dans mon salon, m’imposant comme l’hommo modernicus ultime, celui qui aspire plus vite que son ombre, pilotant avec dextérité son bolide d’une main experte sur une poignée pour le moins familière.
Fin de note à usage exclusif de la ménagère de moins de 50 ans :
Laissons la prose et le phantasme masculin pour passer au factuel.
Xarion c’est :
Des filtres simples à nettoyer nécessitant peu d’entretien, une utilisation simplifiée notamment pour le montage et démontage de la cuve, des filtres anti bactérien, une brosse parquet, un brosse Turbo spécial tissu, un poids allégé, une maniabilité accrue, une efficacité optimum, un prix défiant la concurrence et un mari comblé prêt à tout aspirer dans la maison.
Je ne sais pas si je possède les qualités requise pour devenir une sommité de l’aspiration domestique mais j’ai pris plaisir à vous parler d’un objet qui rend ma tache moins ménagère.
déc
5
Après une année difficile, mon grand semble avoir trouvé le chemin de la sagesse qui je l’espère le mènera sans encombre au bac puis au métier qu’il a choisi : infographiste. La semaine dernière, alors que je lui demande ses derniers résultats, j’apprends avec surprise qu’il a perdu des points en sport. La gamin est sportif, je suis donc étonné et je lui demande les raisons de cette contre performance. La réponse me laisse dubitatif :
J’ai perdu des points parce que j’ai couru trop vite !
Attends, il y a un truc que je ne comprends pas, comment peux-tu perdre des points en courant plus vite ?
Je n’ai pas réalisé mon projet donc, j’ai perdu des points !
Pour ceux qui comme moi, ont des relents d’éducation physique, sachez que tout a changé. Sport veut dire maintenant performance et projet. Fini le dépassement de soi, nous sommes entré dans l’ère de la maîtrise de l’effort dans un but bien précis, niveler les élèves.
Exemple concret : Avant de débuter sa course, on a demandé à mon fils d’en faire le projet exprimé en kilomètre/heure. Sachant qu’un bon projet est un projet évolutif qui progresse de stade en stade.
Mon grand, ne se sentant pas en super forme, a annoncé un premier tour à 14 km/h, un second tour à 15 puis le tour final à 16 km/h, seulement voilà, dès les premières foulées, il s’est senti en jambe et naturellement, à libérer sa foulée pour faire un premier tour à 16, un second à 17 puis un final également à 17 km/h. Si la performance a été belle, le projet n’a pas été respecté mais bien pire encore, n’a pas été en évolution constante. Bilan, des points en moins.
Cette méthode associant projet et performance a pour avantage de ne pas « sur pénaliser » les élèves peu doués en sport en leur permettant de gagner des points en réalisant leur projet. Je trouve cela bien, un zéro en sport le jour du bac n’arrange personne et s’est bien d’apprendre à connaître ses limites.
Je n’approuve pas le fait de pénaliser la performance. Le sport, c’est aller plus haut, plus loin, plus vite. Sport rime avec effort.