Le texte qui suit n’a rien de militant, ne se veut en rien irritant. Il s’agit juste de la pensée d’un homme de 40 ans bien dans ses pompes, sans phobie, aimant les couleurs, respectant les cultures, épris de liberté et raisonnablement athée.
La scène ne se déroule ni dans un édifice républicain, ni dans un lieu de culte mais tout simplement dans l’allée centrale d’un supermarché dans la banlieue d’une grande ville française.
Je déambule, caddy camouflage à la main, au rythme du couinement d’une roue gauche qui ploie sous le fardeau de mes achats. Tout autour de moi n’est que couleur, des gens qui m’entourent aux têtes de gondole aguicheuses qui surplombent le flot bigarré des acheteurs pressés. Tout ici respire le monde moderne de la surconsommation, je suis dans mon élément, je savoure les excès d’un capitalisme dont je ne pourrais plus me passer quand une apparition vient noircir le tableau idyllique telle une ombre venue m’arracher à l’insouciance de ma déambulation.
Autour de moi, nombreux sont les « hijab », foulards colorés, touches de couleurs parsemant la toile de notre société pluriethnique, routine culturelle d’une France plurielle.
Face à moi, un tchador, marée noire de tissu issu d’un dégazage religieux qui rime dans mon esprit avec Belphégor ou Dark Vador. Je suis attiré inexorablement vers la seule partie qui me rappelle que cette apparition est humaine. Je cherche désespérément une expression mais n’aperçois que la forme floue d’un regard féminin noir comme l’ébène. Ce n’est pas un tchador, ni un niqab mais bien une burqa que je viens de croiser en plein royaume de la tentation.
Qu’en penser ?
Loin de moi les considérations miséricordieuses de l’occidental puritain qui plaint la pauvre femme musulmane tout en maudissant son sort. Je ne pense à rien en fait, du moins rien de religieux, belliqueux ou hargneux. Je vois seulement des images apparaitre dans mon esprit, embuscade, soldats morts, lapidation publique, destruction de monuments historiques, avions fous, tours qui brûlent, enfants mitraillette à la main, illuminé bardé d’explosifs qui va rejoindre les vierges qu’on lui a promis et je me demande pourquoi ?
Juste pourquoi ?
Pourquoi faire la guerre contre les talibans en Afghanistan si les burqa déambulent dans nos rues. Sont elles moins acceptables ici que là bas ? Bien plus qu’une bouffée d’air, c’est d’une bouffée d’athéisme dont j’ai besoin dans cette allée d’hypermarché car cette manifestation de la foi me dérange tout comme me dérange l’intégrisme catholique, la robe blanche d’un Klan ou l’intolérance.
J’avoue ne pas comprendre ce besoin de montrer sa croyance, son appartenance, de montrer un peu plus sa différence, plus que cette bavure de la nature de nous avoir fait black, blanc, beur et plus encore. Le monde fatalement devient mixité, Terre d’une humanité neutre aux multiples couleurs.
Alors, Pourquoi ?
Je veux juste faire mes courses sans savoir si mon voisin de chariot est juif, protestant, bouddhiste, musulman, chrétien ou raëlique.
Je sais l’essentiel, l’homme vit et meurt, peu m’importe ce qui se passe après ou ailleurs, je suis un humain comme les autres alors arrêter de me montrer vos différences, d’attiser mes peurs, d’imposer vos valeurs. Si je crois, c’est en l’homme pas en celui qui l’a créé pour ensuite le voiler.
Parce que, même sans comprendre je ne supporte pas de ne pas savoir, parce que la bêtise humaine passe souvent par l’ignorance comme l’endoctrinement par la souffrance, j’ai cherché et trouvé les vraies raisons que je respecte et surtout n’interprète.
Sourate 24,30-31. En ville les femmes doivent ramener leur voile de tête, “khimâr”, sur leur gorge (intervalle entre les seins). Elles ne doivent pas se montrer dépoitraillées, comme les femmes des tribus qui voulaient exciter les combattants lors des guerres inter tribales. (A noter que le khimâr est un vêtement aussi bien masculin que féminin).
Sourate 24,60. Après la ménopause les femmes peuvent abandonner le voile.
Sourate 33,59. Les épouses du prophète, ses filles et les croyantes doivent bien s’envelopper dans leur jilbâb de façon à être reconnues et à ne pas être importunées.
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This entry was posted on Mercredi, septembre 10th, 2008 at 5:55 pm and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












Si d’aventure la france devient une République Islamique, nous pourrons constater que la Démocratie Républicaine Laïque est définitivement destinée a fourbir (et fournir) des armes a ceux qui ne souhaitent sa chute.
C’est étrange, ton billet est la description exact de ce que vis tous les mardi soir au Carrouf de ma petite banlieue parisienne… Sauf que bien souvent, ce sont des gamines qui paradent toute en noir dans les rayons. Enfin aussi loin qu’on puisse le juger au vu de ce qu’elles portent.
Alors oui, a chaque fois, j’ai des bouffées d’intolérance violentes qui vont a l’encontre totale de mon éducation Laïque de gauche.
Et j’avoue que J’ai de moins en moins honte de ces moments. Probablement car ils sont de plus en récurrents…
Plus le temps passe, et plus j’ai le sentiment que l’extrémisme religieux est LA menace a mes libertés, mon libre arbitre et celle de mes enfants. Que cette radicalisation ait le droit de cité me renforce dans certains conditionnements de mon éducation : “il ne doit pas y avoir de libertés pour les ennemis de la Liberté.”