De tout temps, toute société, organisation, groupe nait aberrations, abus. Il y a eu, il aura toujours des marchands du temple aux étals vides et aux poches pleines car rien n’interdit de vendre du vent tant que l’on trouve preneurs.
Un nouveau média est né, nous en sommes les témoins privilégiés et ceux qui pensent que le web n’est qu’éphémère doivent préparer leur retraite car celui qui n’évolue pas, disparaît. Mais cela ne doit pas dire qu’il faille être présent sur le net à tout prix, car c’est bien une fois encore d’argent dont il s’agit à croire que l’homme jamais ne s’assagit.
Le nouveau veau d’or se nomme affluence ou plus familièrement pages vues. Les pages vues sont le nouvel eldorado, le nec plus ultra de l’opération réussie, le must de la poudre aux yeux qui masque vos poches en les vidant, le vent qui rempli le vide que vous venez d’acheter, transforme le veau d’or en vache à lait au nez et à la barbe des moutons.
Mais commençons par la genèse, que nous allons appeler fiction car rien de ce qui suit n’est vrai enfin je crois.
Livre I : comment faire du vent ?
Connaissez-vous le principe du blanchiment d’argent ? Non, je vous explique. Quand un escroc, trafiquant ou délinquant gagne de l’argent illégalement, son soucis majeur est de nettoyer cet argent dit sale pour le rendre légal. La meilleure méthode est de créer un écran de fumée pour masquer le tour de magie. Vous devez pour cela vous acheter une vraie boutique dont vous allez devenir le meilleur client en écoulant les marchandises obsolètes mais légales contre de votre argent sale et le tour est joué. (Ceci est bien sûr un résumé simpliste)
Imaginons maintenant que l’on reprenne ce système pour créer des pages vues. Tout d’abord créons un site ou blog sur lequel on parle de tout et de riens mais de rien toujours bien placés dans les requêtes google. Avec un peu de connaissance en référencement, des tags et des mots clés bien choisis, on va rapidement attirer des visites, par énormément mais suffisamment pour créer un écran de fumée. Imaginons ensuite que l’on créer 100 autres sites sans importance si ce n’est un nom de domaine et un hébergement différent pour chaque site. Imaginons que l’on mette en place un petit script (mais voyons, c’est impossible !)qui permet une connexion de mes 100 sites secondaires sur mon site principal disons toutes les 6 secondes. Passons maintenant au calcul : 100 x 10 x 60 x 24 = 1 440 000 pages vues par jour. Voilà, vous venez de créer du vent.
Livre II : Que faire du vent ?
Faire du vent, c’est bien. Le vendre, c’est mieux. De ce précepte sont nées des agences de types éoliennes dont le seul but est de transformer le vent en argent, en plus cela rime.
Livre III : Comment vendre du vent ?
Ça, c’est un art, un métier, un don de persuasion doublé d’un pouvoir d’endormissement. Reprenons une vieille formule qui a fait ses preuves, celle de la publicité par affichage qui comme tout le monde le sait est une science exacte. Comment savoir combien de gens vont être attentif à votre campagne d’affichage ? C’est très simple, il suffit de compter le nombre de personnes qui passent devant votre affiche sur un temps donné et l’on sait précisément combien de futurs clients potentiels vous avez touché en appliquant une formule mathématique correspondant à la durée de votre opération. Voilà, comment nait une science exacte moderne. Maintenant, qu’en est-il du passant perdu dans ses pensées qui n’a pas vu votre pub ? Qu’en est-il du badaud qui chaque jour fait le même trajet, est il crédible de le comptabiliser à chaque passage ? Est-ce que la mamie déambulante verra du même œil l’affiche Aubade que l’adolescent sautillant et sont ils vraiment des clients potentiels pour la marque ? Est-ce que ces questions légitimes ont empêchées la floraison urbaine des 4×3 ?
La réponse est non, donc pourquoi ne pas appliquer ce principe au web en remplaçant la 4×3 par la bannière et le taux de passage par les pages vues ? Ainsi sont nés les marchands de vent.
Livre IV : le jugement dernier
Aura-t-il lieu ? Est-ce grave d’être châtié si l’on a les poches pleines ? Peut-on se passer du vent quand on rêve de vivre libre comme l’air ? Quoi qu’il en soit, le jour du procès, je veux bien être procureur.
Ceci n’est qu’une fiction simpliste de ce que pourrait être la communication sur le net s’il existait des agences sans scrupule ne vendant que de la page vue. Mais rassurons nous, qui serait assez dupe pour acheter du vent ?
Souffler n’est pas jouer…
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Comments
This entry was posted on Mardi, septembre 9th, 2008 at 6:04 pm and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












a mon avis, tu t’avances un peu en disant que le 4×3 ne sert à rien si on n’y prête pas attention. Le subliminal doit jouer à fond.
Cubik > tu as raison, on néglige bien trop souvent le pouvoir du subliminal.
Excellente critique d’une pratique qui existe. Heureusement certains ont plus de morale que ça.