Cela commence par un mail :
Puis un cri de joie, une fierté en regardant mon texte lu par Grand Corps Malade, une embrassade de celle qui toujours me soutient, une question naïvement intéressée de ma princesse : « mais tu as gagné quoi papa, de l’argent ? », une question moins matérielle de ma dame : « tu vas rencontrer Grand Corps Malade ? », un coup de fil à ma mère…
Alors non, je n’ai pas gagné d’argent, je ne vais malheureusement pas rencontrer Grand Corps malade, mais je suis très heureux quand même, fier aussi et heureux, je me répète, peut être, appelons cela du bonheur à répétition.
SOS d’un SMS en détresse
Né sans intérêt,
D’un pouce baladeur
Et du clavier tapageur
D’un mobile à clapet.
Je suis un mode d’expression,
Un mode de pression,
De façon répétée
Sur des touches usées.
Ne me cherchez pas sur Mentor,
Ou même aux abords,
Je n’ai rien d’officiel,
Plutôt superficiel.
Pour l’éducation nationale,
Je suis une déformation anormale,
Une compression de mot
Que l’on nomme texto.
Tantôt virus,
Cheval de Troie invictus,
J’infecte le quatrain
Je bafoue l’alexandrin,
Et ampute son pied,
En un texte abrégé,
Sorte d’ergot,
Comme de l’argot
Tantôt rictus,
Deux points sur parenthèse ou plus,
Mélange de symboles
Que l’on prononce LOL.
Je suis sibyllin,
Pour les puritains,
D’un français littéraire,
Issu d’un autre millénaire.
Plus remue ménage
Que remue méninges,
Je m’écris en phonétique
Façon tecktonik.
Avec moi, pas de galère,
Je zappe la grammaire.
Et de l’orthographe,
Je suis l’épitaphe.
Pour certain aberration,
Pour d’autre évolution,
Je suis la variante,
D’une langue vivante,
Résidu de langue maternelle,
Réduite à l’essentiel.
J’escagasse le Français,
Jusqu’à l’abstrait.
Je sais que j’exagère,
Sur texto ou messenger,
Que je ne respecte rien,
Au grand dam des académiciens.
Pourtant je rêve de mots
Qui vont crescendo,
Jusqu’à l’extase
Pour enfin devenir phrase.
Je suis un SMS,
Fait de mots en détresse,
Jetés sur un écran,
Pour les rendre plus scintillants.
Moyen de communication
Des nouvelles générations
Pour qui encre et papier
Font partie du passé.
Tags: concours, grand corps malade, slam, tv5monde
Féloches
Bravo, ton texte est bon en plus. Mais c’est vrai que tu aurais pu gagner quelque chose. Si la gloire te suffit…
T’as la classe.
Ce texte est excellent, bravo pour lui et pour sa reconnaissance.
Rien à dire….je retrouve Fred…
J’aime beaucoup ton texte : intelligent, avec juste ce qu’il faut de provocation. Je ne le découvre qu’aujourd’hui en surfant sur le net et J’ignore quels sont les neuf autres sélectionnés. Dommage que les organisateurs ne prennent pas la peine d’envoyer ces renseignements à tous les participants. En tout cas bravo ! Et bonne continuation dans l’écriture. Tu fais souvent des scènes ?
Amitiés
Joëlle Brethes