Je dédie cette note au contrôleur “conciliant” qui a commenté une autre de mes déconvenues avec la SNCF. Je rappelle que j’use et j’abuse du TGV pour mes déplacements, que je maîtrise l’idtgv et le billet imprimé avec dextérité (ce qui peut paraître un exploit pour certain) mais que cela ne suffit pas apparemment…

Je vais vous conter la malédiction ferroviaire qui a hanté mon été.

Tout commence avec une réservation faite en avance (pour bénéficier de tarifs attractifs) pour un aller retour LYON - Marseille St Charles 10 minutes d’arrêt. Je suis devant mon ordinateur et le site me propose trois possibilités, retrait au guichet, retrait aux automates, envoi par courrier. Grand adepte du billet imprimé, j’hésite quelques instants avant d’opter par la voie postale, pourquoi pas. Je m’acquitte des 61 euros réclamés puis clôture ma commande, confirmée par mail quelques instants plus tard. Dans la foulée, je réserve un aller retour LYON PARIS terminus du train, pour la fin Aout et un rêve de photographe (le studio Harcourt dont je vous parlerai bientôt). Pour l’aller, idtgv, pour le retour, billet imprimé, je suis en terrain connu, pas d’hésitation je paie et valide. Par expérience, je n’imprime pas mes billets car je sais qu’une fois cette manipulation effectuée, il n’existe plus de retour en arrière.

Les jours passent, l’été s’écoule comme la pluie au mois d’août et je ne vois rien venir tel Rodrigues. Sans m’affoler, je téléphone au service de sncf.com que je félicite au passage pour la mise en place d’un numéro de téléphone non surtaxé et expose mon petit problème de non réception de billet. La jeune femme m’explique qu’il existe dans ce cas une procédure, que je ne dois pas m’inquiéter mais que temps qu’il n’ont pas eu retour des billets qui m’ont été envoyé, il ne peuvent pas les rééditer. Il me faudra me rendre en gare un jour ou deux avant mon départ pour me faire remettre des duplicatas (dixit sncfgirl). Pas de soucis, je remercie et prie pour qu’il ny ait pas trop de queue au guichet.

Dans la foulée, je me décide à imprimer mon idtgv, ce qui est chose faite en deux clics, puis mon billet imprimé  qui… pose problème. Problème technique au demeurant : “en raison d’un problème technique, nous ne sommes pas en mesure, blablabla, blablabla…”

De nouveau, j’utilise le numéro non surtaxé pour tomber (au sens figuré) sur une autre charmante sncfgirl qui se veut tout aussi rassurante : effectivement, nous avons un problème avec votre impression mais du fait que vous n’avez pas pu l’imprimer, vous pourrez toujours le retirer à une borne sncf, quoiqu’il en soit vous avez bien payé votre trajet (22 euros) et une place vous est réservée quoiqu’il arrive.

Direction la gare dans un premier temps, puis la borne qui me demande d’introduire la carte ayant servi au paiement, je m’exécute et obtiens un : nous ne trouvons aucun dossier veuillez vous rendre à un guichet.

ça y est, ça recommence.

Je m’approche des guichets pour constater que la queue est digne d’un samedi ensoleillé à eurodisney ou d’un lundi neigeux dans un pays de l’ex union soviétique à l’heure de la guerre froide, à croire que la queue domine le monde…

Je remarque que les guichets pro sont quand à eux vides mais bien gardés par un cerbère qui refoule tout mécréant non affilié officiellement au grand ordre des voyageurs de la SNCF. J’hésite entre affronter la queue ou le chien de garde quand celui ci détourne son attention juste le temps de me faufiler à un guichet vide. je m’excuse d’emblée pour mon audace illicite mais la guichetière, dont c’est le dernier jour avant les vacances, est compréhensive. Je commence par les billets disparus en lui demandant des duplicatas et apprend qu’il n’y a pas de duplicata chez ceux qui vont vous faire aimer le train. Je demande alors qu’elle est la procédure, on me répond qu’il faut m’acquitter de deux nouveaux titres de transports et me faire rembourser ceux que je n’ai jamais reçu. Je m’étouffe, mais obtempère, ai-je le choix ? Je rappelle tout de même à la guichetière que si je prends mes billets à l’avance c’est pour des raisons pécuniaires évidentes et voilà que l’on me fait payer le double, pas très rentable comme opération. Je demande quand j’aurai une chance d’être remboursé, son regard en dit long sur le délai. j’ai maintenant mes billets en poche pour 122 euros (avant remboursement qui interviendra…cf : voir le regard de la guichetière).

J’explique ensuite mon soucis d’impression de billet et l’absence de dossier dans l’automate. La guichetière prend mes références, vérifie que j’ai bien un billet à imprimer à mon nom et tente de l’imprimer sans résultat. Je lui demande alors s’il est possible de me faire un billet classique, la réponse est catégoriquement négative. Il est temps d’appeler un responsable qui me sourit, se met devant l’ordinateur, exécute à nouveau la manipulation entreprise il y a quelques instants par la guichetière, manipulation que j’ai déjà faite une bonne dizaine de fois sans succès, pour me regarder navré du problème technique à l’origine de nos échecs. Nous réfléchissons, plus moi que lui même si cela n’est pas évident visuellement tant son expression d’homme en pleine méditation est réaliste, pour arriver à une impasse. Je ne peux pas imprimer mon billet imprimé ce qui est un comble pour un billet imprimé. Je propose de me faire un laisser passer que je pourrais montrer au contrôleur, ma proposition est retenue et je quitte le guichet avec une page imprimé de ma réservation sncf estampillée d’un tampon E. EX LYON NORD accompagnée d’une phrase manuscrite et signée “billet impossible à imprimer suite problèmes techniques”.

Nous sommes le vendredi 29 aout 2008, il est 05 heures 45, je n’ai pas dormi et compte bien le faire durant mes deux heures de trajet, je m’avance sur le quai de la gare, feuille tamponnée en main à la recherche d’un contrôleur que je trouve en milieu de rame. Bonjour monsieur, suite à des problèmes techniques, je n’ai pas pu imprimer mon billet, on m’a fait une sorte de laisser passer, pouvez vous m’indiquer une place libre pour que je puisse m’installer, s’il vous plait. Je souris malgré mes paupières qui sont aussi lourdes que mon sac à dos. L’homme en uniforme examine mon document, septique avant de me déclarer : “désolé, cela ne prouve rien, ce n’est pas la procédure, vous allez devoir vous acquitter d’un nouveau billet et vous vous ferez remboursez celui là ultérieurement. je vais vous demander 78 euros en échange d’un billet.”

La fatigue aidant, j’avoue que ma patience légendaire est en train de s’effriter mais je tiens bon : “monsieur, je ne vais pas payer 78 euros un billet que j’ai déjà payé 22 euros, sinon à quoi cela sert-il de le prendre à l’avance. Les problèmes n’étant pas de mon fait, je n’ai pas à m’acquitter d’un billet que j’ai déjà payé.” Pour prouver ma bonne foi, je montre sur mon iphone le mail de confirmation et de paiement de sncf.com mais rien n’y fait, ce n’est pas la procédure.

J’explique que je n’ai pas pu inventer ce tampon sncf mais rien n’y fait, ce n’est pas la procédure.

Je m’effrite.

Je sors ma carte, annonce ma qualité en expliquant que je ne suis ni un menteur, ni un faussaire et encore moins un pigeon. J’explique fermement que je vais monter dans ce train et que personne ne m’en fera descendre avant la gare de Lyon Part-Dieu. J’accompagne mes dires, des faits, monte à l’étage et m’installe dans la banquette du couloir, faute de place attribuée, comme un voyageur clandestin que les autres regardent avec mépris avant de rejoindre leur place. je n’ai plus sommeille, je suis très énervé et un autre contrôleur se présente à moi pour tenter de me convaincre de la doctrine qui semble tous les animer : ce n’est pas la procédure. Je me fous de leur procédure, j’ai payé, je suis dans mon bon droit mais pas à ma place, juste pas à ma place. Voyant que je ne céderai pas, il me lance son attaque la plus fourbe : nous allons avertir la SUG qui vous attendra en gare” et me laisse à mon siège de couloir, moi anéanti, lui content de sa fourberie.

Il vient de m’annoncer que des policiers vont m’attendre à la sortie du train, autant dire que je n’aime pas cette idée d’être interpellé par mes propres collègues pour un délit que je n’ai pas commis. Je rumine, je cogite et les contrôleurs passent et repassent (les rapaces) le sourire en coin.

Il reste un quart d’heure avant mon arrivée honteuse, je prends le téléphone, appelle le poste de police de la gare et explique au collègue au bout du fil qui je suis et pourquoi il vont me réceptionner, nous nous quittons sur un : “à tout de suite sur le quai”.

l’un des contrôleur passe à nouveau, je l’interpelle menaçant (avant qu’on ne le fasse avec moi) : une petite chose, je vous ai montré ma qualité (il acquiesce), je vous ai montré la confirmation de paiement (il acquiesce), je vous ai montré le tampon sncf (il acquiesce) et malgré cela vous me dite que je ne suis pas dans mon bon droit (il acquiesce et à la fin de l’escarmouche, je touche), alors j’espère que vous n’êtes pas pressé car j’ai eu mes collègues au téléphone et je vais déposer plainte contre vous et votre collègue pour accusation calomnieuse de faux et d’usage de faux, je ne serai pas le seul à être humilié !

Il me laisse à mon siège de couloir, moi content de ma fourberie, lui anéanti…

Cinq minutes avant notre arrivée en gare, le revoilà téléphone en main, l’air penaud, et Rennes en ligne. j’avais effectivement une place la voiture 8, je ne suis donc plus un paria mais il n’y est pour rien, c’est la procédure qui est la cause de tout. j’ai envie de lui collé mon poing dans la figure mais ce n’est pas ma procédure, je salue les collègues à la sortie du train et me dirige vers le parking fatigué et énervé.

J’ai appelé sncf.com sur la ligne non surtaxée, j’ai obtenu une adresse postale car je vais entamer une procédure…





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Comments

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16 Comments so far

  1. Boris Schapira on septembre 4, 2008 5:52 pm

    Ah oui, en effet, ça ne respecte pas du tout la procédure :p

    J’ai eu également quelques déboires avec la SNCF, qui m’ont valu de racheter des places dans un train alors que la SNCF elle-même n’était pas parvenue à me livrer les précédentes. J’attends toujours le remboursements… c’était début juin.

  2. Boris Schapira on septembre 4, 2008 5:53 pm

    Sinon à part ça, attention à ton orthographe (dire que c’est moi qui dis ça). J’ai vu quelques se/ce trainer…

  3. FdM on septembre 4, 2008 6:52 pm

    Boris > j’avoue avoir bâclé la relecture, mea culpa sur se non ce point ;-)

  4. Garret on septembre 4, 2008 7:07 pm

    Je comprends que trop bien, j’ai eu des ennuis avec un contrôleur avec sa célèbre phrase “ce n’est pas la procédure” >

  5. Daniel on septembre 7, 2008 12:07 pm

    Beau témoignage ! Il y a des fois où j’aurai bien aimé sortir la carte et pouvoir appeler collègues. Hélas je n’ai pas cette qualité :/

  6. zapator on septembre 7, 2008 12:19 pm

    Quid des gens qui n’ont pas ta fonction et la carte magique ?

    Qui que ce soit d’autre a ta place en aurait été quitte pour un tête a tête avec la maréchaussée alors qu’il était le lésé de l’histoire… Sans recours.

  7. Paul, baron de Senquisse on septembre 7, 2008 12:51 pm

    C’est effarant !

    J’espère que tu nous tiendras au courant des suites de cette affaire.

  8. Bôôh on septembre 7, 2008 2:54 pm

    Dans les histoires drôles, il y a les billets pour l’Italie qui semble avoir la facheuse manie de se décaler d’une semaine, en amont bien sur ! Ca m’est arrivé (bon, j’ai pu me tromper…), c’est aussi arriver à la première personne vue à Milan, sauf que son billet était pour avant le jour où elle l’a achetée ! Elle a pu se faire trouver une place par un contrôleur conciliant, moi j’attend qu’on me rembourse mon second billet

  9. keo on septembre 7, 2008 6:49 pm

    Je suis tombé sur ce billet par le site de pingoo. J’ai adoré l’écriture de cette mésaventure et surtout le calme dont tu as fait preuve. Moi, j’aurais craqué devant le premier guichet :)

  10. kiwi on septembre 8, 2008 9:05 am

    snifff, c’est trop beau … merci entames une procedure. Malheureusement cette histoire m’est arrivée au moins 3 ou 4 fois sans compter les dossiers qui disparaissent.

    Les contacter en gare m’a valu ” ce n’est pas nous qui gerons le site web” et via le net j’attends toujours une reponse.

    Je ne maitrise pas aussi bien le droit francais et je n’ai pas pu humilier/aneantir les controlleurs (parfois les gruger un peu…)
    mais je suis bien content, une des premieres choses en changeant de pays etait ” ah je n’ai plus a avoir affaire avec la SNCF” (et par defaut la location de voiture qui est toute aussi ruineuse)

    j’espere que tu nous diras ce qui se passe par la suite

  11. FdM on septembre 8, 2008 10:36 am

    A tous > Il est clair que la carte magique, ainsi nommée m’a aidé dans cette histoire mais c’est en pensant à ceux qui ne l’ont pas que j’ai décidé de poursuivre cette affaire qui est loin d’être classée. Je vous tiens au courant…

  12. zapator on septembre 8, 2008 8:03 pm

    Cool de donner une suite a l’incident !

    Ce n’étais bien entendu pas un reproche, ni une vanne l’appellation de “carte magique”…

    Mais pour un quidam comme moi, dont la carte la plus “magique” de mon portefeuille est ma carte de fidélité Score Game, l’aventure serait sans doutes terminée au poste… :o )

  13. FdM on septembre 9, 2008 4:34 am

    Zapator > j’aime bien le “carte magique” comme expression même si elle fait rarement des miracles.

  14. Nicolas on septembre 10, 2008 9:07 am

    Vivement les classes actions !

    Combien de personne non-flic se font avoir par ce genre de contrôleur et non pas les moyens de se défendre ?

  15. jadpyngul on septembre 10, 2008 10:36 am

    À votre place je n’aurais pas été voir le contrôleur avant le départ du train, puisque pensant être de bonne foi avec votre laissez-passer.

    Éventuellement aller le voir après le départ ou au contrôle, refuser de payer l’amende (sans refuser de donner son identité ce qui permet d’éviter que la police vienne vous chercher à l’arrivée). Ceci a l’intérêt de lancer directement une procédure de contestation avec le service chargé des contentieux.

  16. Vivie on septembre 16, 2008 3:10 pm

    Bonjour ! je rencontre actuellement les mêmes déboires pour des billets JVS que je devais recevoir à dom. et qui n’ont jamais pu être imprimés…j’ai du en payer d’autres..faire une demande de remboursement des 1ers billets..voilà bientôt 6 semaines que j’attends que ma CB soit recréditée, après 2 courriers simples et 1 LRAR…je sens que je vais m’énerver et me fendre d’un courrier d’avocat car payer 2 X 131 euros ça fait chero le billet aller..

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