Personne ne sait vraiment qui étaient ses parents. La rumeur parle d’un professeur de français né sénégalais qui lors d’un congrès francophone aurait séduit une Françoise née québécoise. De retour au pays, la mère engrossée n’eut pas le courage d’avorter pour au final abandonné le nouveau né car dans sa famille de bucheron, il n’était pas concevable qu’un bébé soit marron. Elle laissa donc son paquet au milieu de la forêt confiant ainsi à dame nature le sort de ce coup dur.
Le bébé, bien emmailloté, ne risquait pas de geler mais à l’heure du repas, la chaleur ne lui suffit pas. Ses pleurs attirèrent l’attention d’une femelle caribou en mal d’adoption. En effet, le destin s’acharnait sur cette femelle qui, bien que très maternelle, n’arrivait pas à faire pousser un petit en elle. Quand elle tomba sur ce petit être marron qui l’observait de ses gros yeux ronds, elle senti son cœur chavirer et décida de l’adopter. Les caribous étant solidaires, elle demanda aux autres mères de lui donner un peu de lait pour son petit que tout le troupeau trouva bien laid. Mais le caribou qui est toujours franc, n’en est pas moins tolérant. C’est pourquoi le groupe admit l’enfant qui grandit au milieu des caribous, orignaux et élans.
Le temps passa et sur le dos de sa maman, grandit le bébé couleur chocolat. C’est à califourchon qu’il devint un beau garçon dont la couleur de peau s’accordait à merveille au pelage de celle qui l’avait en sac à dos. Tout allait pour le mieux et l’enfant était heureux mais Dame nature savait bien qu’il serait mieux parmi les siens. Il fallait donc qu’il rencontre des humains pour s’assurer un lendemain.
Ce sont des militaires qui firent l’affaire. Une compagnie toute entière qui s’entrainait à la guerre durant tout un mois au fin fond des bois. Le premier qui l’aperçu, cru qu’il avait la berlue. Il en parla au second qui le prit pour un con, même le plus gradé en fut effaré. Il fallu contacter l’Etat major pour tomber d’accord : l’enfant devait quitter les élans. Chef, ce sont des caribous ! La ferme soldat, tout le monde s’en fout !
Il fallu la force pour arracher le gosse qui hurlait comme un fou pour rester parmi les caribous. Après plusieurs jours de tristesse, vint le temps de la sagesse et l’enfant compris enfin qu’il était un humain. Pour qu’il en ait vraiment conscience, il manquait un détail d’importance. Car sans nom, il demeurait un sauvageon.
Pour le nom de famille, rien de plus facile. Ce serait Karibou, un point c’est tout. Pour le prénom, cela fut plus coton. La première consigne, fut de respecter son origine mais nul ne savait d’où réellement il venait. Chacun y allait de son idée, le ton commençait à monter. Alors, on passa de la musique qui adoucit les mœurs. Le jeune Karibou écouta attentivement ces airs et sur l’un deux fit un pas de deux. Il s’agissait d’une chanson de Boubacar Traoré, le prénom était trouvé.
Ainsi naquit officiellement Karibou Boubacar, venu de nulle part.
Je ne peux vous conter la suite car dans l’armée, il y a peu de fuite. Tout ce que je sais, est qu’il serait devenu agent secret…
Related posts:
- Place related post plugin php here...
Comments
This entry was posted on Samedi, avril 7th, 2007 at 12:10 am and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












Excellent, excellent!
Vraiment.
J’ai même aimé les virgules et les points.
Bizettes
:)
Déchirante la scène où l’enfant chocolat est arraché à sa mèr’Elan… J’aurais désormais une pointe de compassion pour karibou, ;o)
Encore une fois c’est très bien et surtout très joliment écrit.