J’enrage de dent


≡ Category: Mes mots |

Mon petit coupé rouge a toujours été immatriculé en 13, nostalgie méditerranéenne et numéro fétiche sauf à Paris. Le parisien n’aime pas le phocéen. Cette nuit on me l’a rappelé,  à moi le lyonnais mais cela il ne pouvait pas le deviner et il était bien trop lâche pour me le demander.

Il faut dire que tout avait mal commencé. Dès le début de soirée, sur l’adresse je me suis planté, comme sur l’heure, trop tôt arrivé.Iil faut dire qu’en ce moment je suis un peu paumé, pas épargner.

Soirée agréable, je vous en parlerai plus tard, dernier verre de l’amitié et il est l’heure de rentrer. Le dégonflé s’est acharné sur mon pneu avant, coté passager. Au premier virage, le pneu s’est littéralement désolidarisé de ma jante profilé pour passer devant le car sérigraphié qui m’a fait signe de m’arrêter. De quoi avait-il peur que je me carapate sur trois pattes ?  Pas encore arrêté, déjà énervé. La seule place trouvée ne m’est pas réservée, seule ma caisse est handicapée. Pas de roue de secours, juste une bombe anti crevaison, je me retrouve comme un con. J’ai de la chance, la Police est là pour me porter secours. Au secours !

Il me salue, m’interroge. J’ai les dents qui poussent, j’aurais dû me méfier.

-          Bonjour, vous savez que vous avez perdu une roue ?

Moi, un brin frondeur, très énervé, un peu lassé, épuisé par cette la fatalité qui ne fait que s’acharner.

-          Non, vous devez vous trompez

-          Et ça, c’est quoi ?

Il me montre mon pneu accoudé au mur et qui me toise sans se démonter

-          Ah ça ! je ni suis pour rien, je suis désolé…

J’arrête de faire ma forte tête. Je me fais docile, je ne joue plus au débile, je rentre dans ma case, je suis un peu nase. Je ne bronche plus quand il appelle le dépanneur, pour négocier il n’est plus l’heure. La facture va être salée, je vais rentrer à pied, j’ai presque envie de pleurer quand je suis foudroyé.

La lame transperce ma mâchoire, passe par cette dent soit disant soignée, m’écartèle le crâne pour lacérer mon cerveau. Je suis défiguré, j’ai mal à en chialer, je ne veux plus parler. Je maudis ce dépanneur qui n’est pas à l’heure, je maudis le dentiste  pour ce mal qui persiste. Je maudis ce pique qui me glace et me transperce en douleur. Il faut que je parte, je prends sa carte sans assister à l’enlèvement car l’aiguille transperce à nouveau ma dent. Je n’ai qu’une envie, retrouver mon lit, quitter les lieux, oublier ce pneu, retrouver mon pieux.

Je marche sur ce trottoir pour disparaître dans le noir d’une bouche descendante.  J’ai fuit comme un voleur, je n’ai aucune notion de l’heure, juste dans ma tête cette douleur.  Un comprimé avalé sans eau sur le quai d’un métro. Une nouvelle décharge, maintenant j’enrage, seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas m’écrouler. Interminable correspondance, je suis en état de transe, ils doivent me prendre pour un fou, j’ai des yeux de fou, je tiens à peine debout. Un euro pour la machine, un café pour un cachet et ma tête à nouveau empalée. Le RER s’ébranle, il grince, il couine, tout résonne dans mon crâne à nouveau transpercé. A chaque attaque je suis un peu plus lacéré, à chaque attaque je sens mon visage se crisper, à chaque attaque j’ai envie d’hurler.

Le train s’avance, le mal s’éloigne. Je retrouve visage humain, je rentre enfin.

Je suis lessivé, après une soirée au WashBar, je ne devrais pas être étonné…





Related posts:
  • Place related post plugin php here...
Comments

This entry was posted on Jeudi, février 22nd, 2007 at 4:06 pm and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
4 Comments so far

  1. Mélina LOUPIA on février 22, 2007 4:40 pm

    Bon, c’est pas une bonne adresse alors.
    Tain, j’avais mal aux dents hier aussi.
    C’était juste pour le dire, aujourd’hui, ça va mieux, j’ai pas tenté de me l’arracher en me défonçant le portrait dans le mur de la salle de bains, y’a du progrès.
    Mais je me dis que décidément, les grandes villes, ça arrange rien.
    Bizettes

  2. Drine on février 22, 2007 4:46 pm

    Tout s’explique…
    Aie aie aie Rage de dent Vs Migraine: Même combat je le crains ! J’espère que la douleur est moindre? et que la note dépanneur n’a pas été trop salée…
    Vivement le topo de la soirée wash bar, j’aurais bien voulu passer si dispo!
    Biz et à bientôt

  3. zaza on février 23, 2007 12:15 am

    c’est dégueulasse de s’attaquer à de pauvres voitures immatriculées en 13! foi(e) de marseillaise!

  4. Fred de Mai»Blog Archive » Vandalisme on février 25, 2007 7:59 pm

    […] Pour ceux qui ont suivi mes péripéties, voici la preuve en image de la bêtise humaine… […]

Name (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>

Share your wisdom

  • A voir

      Afleurdemot

      photo

      flic2rue

      potin

      video

      podcast

      vitamine

  • Piranh'Art

      Geekchic

      photo

      photo