Attention, derrière un dernier témoignage vibrant d’un jeune communiste mort pour sa patrie se cache un Président de droite qui veut endoctriner la jeunesse française. De qui se moque-t’on ?

Que la méthode déplaise, soit. Il n’est jamais agréable de se voir imposer mais de là à refuser un hommage rendu à un gamin de 17 ans qui comme tant d’autres a donné sa vie pour assurer la notre, je ne comprends pas.
Tous les débats autour de cette lettre me révulsent.

Lequel de ceux qui refuse de lire ce message de liberté saurait prêt à mourir pour elle avec autant de dignité ?

Rien n’empêchait les enseignants réfractaires de lire la lettre de Guy Môquet pour ensuite rappeler le contexte exact de cette période d’occupation.
Rien n’empêche de dire que c’est la Police Française qui a arrêté les 26 camarades, morts un 22 octobre.
Rien n’empêche de dire la vérité.
Il ne faut pas se tromper de combat.

Rien de sert de souiller la mémoire d’un héros malgré lui, mort  d’avoir cru en la liberté.
Liberté que l’on a de lire ou ne pas lire son texte sans être fusillés…





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Comments

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9 Comments so far

  1. sharky on octobre 23, 2007 9:14 am

    C’est une blague?
    Quel rapport entre le fait de refuser de faire le jeu d’un président ultra-démago et être prêt à donner sa vie pour un idéal?
    “Liberté de lire le texte sans être fusillés”:C’est du même tonneau que les phrases du style “Finis ton assiette, quand on pense à tous ces enfants qui meurent de faim dans le Tiers-Monde”.On ne va quand même pas se forcer à faire quelque chose simplement parce que dans d’autres pays ou d’autres temps on aurait été obligés de le faire!!! Encore heureux qu’en France aujourd’hui on ait le droit de ne pas vouloir faire de l’Ecole un lieu de propagande, qui plus est une propagande basée sur la récupération éhontée d’une missive et d’un acte certes héroïques mais purement personnels.
    Expliquer ce qui est arrivé à Guy Môquet en cours d’Histoire, éduquer sans relâche les enfants pour ne pas que de tels événements se reproduisent, pas de problème. Mais détourner cette lettre pour en faire une sorte de vademecum censé remettre les élèves sur le droit chemin, quelle honte…

  2. Jathenais on octobre 23, 2007 10:08 am

    Je me suis demandé ce que j’en pensais vraiment pendant des jours… et ma fille est rentrée. On lui a lu la lettre, et dit qu’ils étaient les victimes du “prix du sang” => pour un allemand tué 48 (?) prisonniers tués.
    Ah.
    Et ?
    Et ben la prof a dit que de toute façon on avait pas le temps, alors on avait qu’à chercher avec nos parents et la relire à la maison en famille.
    AHHH !
    Alors ma fille, on va remettre l’histoire à sa place. La mort de ce petit garçon est très triste, la dernière lettre à sa maman, très émouvante. Mais non, on ne va pas la relire. Si tu veux des lettres de prisonniers morts, on en trouvera plein d’autres, tout aussi émouvantes. Et puis il y a tous ceux qui n’ont même pas pu écrire à qui que ce soit. Et puis il y a ceux qui ont mené d’autres combats, bien plus longtemps. Beaucoup d’hommes de femmes et d’enfants sont morts d’avoir résisté (et même des qui étaient pas communistes, dites donc, voire même pas juifs, pas croyable hein !).
    Bref, me voilà) partie à raconter brièvement deux histoires. Brèves. Simple. Ou comment chacun de mes arrière-grand-père a fait, discrètement, sans brassard à la libération, sans gloire ni revendication, sans chichis, sans même s’en vanter le soir au coin du feu, juste humainement, comment ils ont chacun usé de ce qu’ils pouvaient pour, oh, même pas résister, juste sauver des vies. Des dizaines. Le premier avait une ferme dans la campagne, et cachait les fuyards dans sa cariole, et leur faisait passer la ligne de démarcation, les conduisait en zone libre. Il fut dénoncé. On l’avertit de la visite de la gestapo, il a pris son cheval, sa carriole, sa femme et ses gosses et est parti. Il n’a pas fui, il a sauvé sa vie et celle de sa famille. Après la libération à son retour, tous ses biens avaient été brûlés, pillés. On l’a traité de lâche pour ne pas être resté se faire prendre, et puis d’abord si il n’avait pas été mobilisé, c’était pas un patriote (en effet, c’était juste un émigrant basque espagnol qui en 14, il avait alors 17 ans, lui aussi, prit les papiers de son grand frère pour aller au front, et en revenir gazé…). Il est reparti pour le village qui l’avait accueilli entre temps, à reconstruit une petite masure de ses mains, qu’il s’estimait heureux d’avoir encore. Il avait une grande terre prolifique, une maison humble mais confortable, ils sont repartis à zéro, de rien, avec des blessures à l’âme qui ne se sont jamais complètement fermées. Jusqu’au dernier jour.
    Mon autre arrière grand père, pas mobilisé non plus, eu égard à une trépanation quelques années plus tôt, jouissait du statut d’un praticien paramédical. Il habitait à Moulins. Et disposait d’un très précieux laisser-passer pour aller dispenser ses soins de part et d’autre des deux zones.
    Et c’est dingue tout ce qui peut voyager sous une banquette de voiture. Des hommes des femmes, des enfants, des résistants, des armes, des instructions d’une cellule à l’autre.
    Ce ne sont pas des héros. Ce sont des hommes ordinaires, quoi que géographiquement “bien” placé. Qui ont mis leur vie et leur famille en péril. Qui ont vu mourir leurs amis aussi, sous la torture souvent, brutalement toujours. Et ce n’est que le maigre exemple de deux figures de mon petit arbre généalogique personnel. Il y en a à peu près dans chaque famille. A part peut-être celle de Forrisson. Ce charmant monsieur négassioniste qui vit très tranquillement dans cette ville qui fut capitale de l’Etat Français, celui de Pétain. Dans cette ville où je vis, à un tir de fusil de lui. Dans cette ville où l’histoire nous a appris assez tôt la collaboration, l’invasion, la spoliation, le meurtre, la déportation, le sacrifice et la résistance.
    Alors Guy Moquet, individuellement, c’est uen triste histoire. Symboliquement, je m’en contrecarre.
    Surtout si après on charge les familles de se démerder avec (j’imagine que ma voisine, turque de naissance, qui parle tout juste un peu le français, et n’en maîtrise pas l’histoire a dû se trouver fort décontenancée si sa fille est arrivée avec les mêmes conseils). Et j’imagine si les petits-enfants de forrisson ont eu les mêmes consigne.
    Que ce texte vienne illustrer les manuels scolaires traitant de la période, je trouverais ça juste et instructif. Le symbole replacé dans un contexte, et porté à la connaissance de nos têtes blondes en temps et en heure. Parce que franchement, ma fille de pas encore onze ans, collégienne toute neuve, et en pleine antiquité, la lettre de guy moquet, elle a pas bien compris ce que ça venait foutre du jour au lendemain, juste comme ça aujourd’hui (enfin, hier) au milieu du reste. Les tentatives de replacer les choses dans le contexte en une petite heure, malgré un semblant de bonne volonté de la prof, furent assez maigre, et pour finir, ce serait à nous d’expliquer ça ?
    Non, là, je suis navrée, mais c’est une foutaise.
    Toujours aussi américanisant, Sarko tente de trouver un truc qui unisse le peuple comme un seul homme.
    Qu’il continue, on finira par avoir tous un vecteur commun: lui et comment le gicler très vite de là où il est.
    Marre de la com merdique qui sert de maigre écran de fumée pour mieux masquer ce qui se passe en vrai.
    Dégouttée d’entendre cette p**** de lettre entre chaque émission de la 5 toute la journée, d’en bouffer sur toutes les chaines à toute heure. Une indigestion. Voilà. Voilà le résultat de cette heureuse initiative, je ne supporte même plus la simple évocation de cette lettre sans avoir le coeur au bord des lèvres et une profonde envie de gerber. Et je ne suis pas la seule.

    Ce n’est pas un hommage, c’est une mascarade. Et j’aime pas les mascarades, je n’aime pas le cirque, ni les faux-semblants. Et par dessus tout, j’aime pas qu’on me prenne pour une conne, et c’est juste l’impression que j’ai chaque matin où je me lève tôt pour ne pas aller travailler (parce qu’on m’avait promis du travail à la hauteur de mes espérances avant le 6 mai, et bien j’ai le déplaisir de vous annoncer que l’économie locale en a rien eu à battre des promesses électorales…), chaque matin donc j’ai la sensation qu’on a encore oublié la vaseline.
    Et ça fait mal.
    A force.

  3. Jathenais on octobre 23, 2007 10:08 am

    oups, c’est un peu long, désolée, fallait pas m’énerver :p

  4. lalyzeuze on octobre 23, 2007 10:24 am

    OOOOOh, que c’est beau ! Un homme de conviction !!! Mais pourquoi tu n’as pas été te proposer dans le lycée le plus proche de ton domicile pour lire avec une voix vibrante cette lettre ? Tu as été menacé d’être fusillé, toi ? Ah mais oui ! “fils de pub”… Voilà la réponse donc : tout dans l’image, rien dans les faits. Et là tu pointes effectivement du doigt une mission importante des enseignants : montrer à leur élèves qu’il faut être capable d’un jugement critique par rapport à une information ou un ordre donné, qu’il faut savoir prendre une décision personnelle, la moins manipulée possible afin qu’en son âme et conscience on donne une information et non pas que l’on serve une image personnelle au pouvoir… Apparemment cette dimension de l’information te dépasse. Alors, petit soldat tu es, petit soldat tu resteras…

  5. FdM on octobre 23, 2007 11:24 am

    Au moins je fais réagir !

    Sharky > non, ce n’est pas une blague, c’est juste ce que je pense. Quand au fait de remettre les élèves sur le droit chemin avec l’histoire d’un résistant, mieux vaut en faire un film d’action cela serait plus porteur.

    Jathenais > je comprends ta colère et ces histoires me touchent comme les histoires qui ont touché mes proches. Mais on peut ne pas être dupe sans pour cela refuser de lire ce texte. c’est un choix parmi temps d’autre mais il est représentatif d’une période noire de notre nation. Je ne pense pas que ce texte puisse servir la politique car il pointe aussi du doigt le mal que peut faire un gouvernement. Une fois de plus c’est mon avis et en rien un soutien politique.

    FdM > je suis et serai peut-être toujours un petit soldat mais tu te trompes au sujet de mon armée.
    Maintenant que sais tu de mon combat au quotidien ? Il faut juste se rappeler que ceci est mon blog, endroit ou j’ai décidé d’exposer librement ma pensée. Ce n’est pas un espace pour promouvoir ma vie ou mes actions car même un fils de pub n’a pas besoin de reconnaissance dans ces domaines.
    Repasse vendredi et tu sauras à quelle armée appartient le petit soldat.

  6. sharky on octobre 23, 2007 12:22 pm

    Ce texte ne pointe rien d’autre que la peur ET le courage d’un jeune homme face à la mort.
    Et encore une fois, le message “voilà les jeunes, ça c’est un vrai Français, qui a résisté, etc… prenez exemple, soyez prêts à vous faire fusiller plutôt que brûler des voitures, hein, les jeunes…” que notre Président veut faire passer est particulièrement nauséabond au sens où cette lettre n’a strictement rien à voir avec ça.

    Je ne nie pas ton droit à dire que tu n’es pas d’accord avec la polémique. Je dis que ton indignation me paraît très mal dirigée, et qu’elle procède d’une vue fausse de la situation.

  7. sharky on octobre 23, 2007 12:24 pm

    Ah, et très sincèrement, voir un homme comme Nicolas Sarkozy faire de la démagogie avec cette lettre me semble être une souillure bien plus grave de la mémoire de ce héros (malgré lui, je le répète) que le fait de ne pas vouloir la lire pour suivre les instructions du pouvoir.

  8. FdM on octobre 23, 2007 12:34 pm

    Sharky > j’entends ton discours et y adhère en partie mais comme tu le soulignes la polémique me dépasse. Il est dommage que la résistance rentre à l’école de cette manière. Maintenant, je suis bien sur totalement contre l’endoctrinement, preuve en est, je ne regarde plus TF1…

  9. Jathenais on octobre 23, 2007 2:16 pm

    Fred> La façon dont cette lecture est organisée est juste minable.
    Sans dec, si l’instit de ta fille lui lit ça, comme ça, avec une brève tentative d’explication , elle en comprendra quoi ???
    Je n’ai rien contre le fait qu’on la lise, mais pourquoi en faire une journée de communion à la con ? (je n’aime pas la messe non plus pour les mêmes raisons, remarque, on ne se refait pas)
    Il serait plus sain de l’intégrer au programme d’histoire. Chaque élève y passera à l’écoute et l’étude de ce texte, soit, mais dans de bonnes conditions. Il se trouve que je suis dans une région sensible sur certaines périodes (Vichy, pour les distraits), où le pire et le meilleur se sont cotoyés, où aujourd’hui encore certaines façades portent les stigmates, et les traces des balles qui ont pris des vies. Où 80 députés un jour se levèrent et refusèrent de voter les pleins pouvoirs au maréchal. Où la ville entière fut réquisitionnée, envahie et pillée. Ou des vies furent prises.

    La symbolique du sacrifice, j’en ai pas la même que notre président, et comme pour tout le reste, je me méfie de la communication autour d’un symbole qui masque souvent l’absence d’action ou de conviction sur le long terme.
    (très exactement comme les 5 minutes d’économies d’énergie programmées pour ce soir).

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