Ce titre devrait rappeler à certain, les années de brocantes où l’ado chine ses antiquités musicales futures. J’ai préféré cette entame à un titre bien plus raccoleur, choisissant le style à la remington.
Mais je dis vague alors que le sujet est clair comme de l’eau roche et la question posée comme un pavé dans la mare mia (version égocentrique et minimisée de la mare nostrum) :
Que peut-on faire pendant une heure et demi ?
Que faire de ces minutes perdues où le temps passe comme un ange tandis que le chien aboie parce qu’il a soif et que l’homme de la grande couronne tente de rejoindre la capitale. Que de temps de sommeil gâché pour cette léthargie automobile dont nul ne peut se soustraire. Bien sûr, il y a la solution RER , ces 40 minutes et ces 8 euros. Elle me permettrait d’utiliser mon temps de trajet à mon passe temps préféré : la lecture. Pourquoi ne pas changer de voie et d’adopter le rail plutôt que de polluer la planète en écoutant la radio un doigt dans le nez ?
Parce qu’après tes quarante minutes de lecture, il va falloir suivre les courants humains d’un métro à l’autre, bousculé, pressé, épié, touché, agglutiné, le tout dans un mélange écoeurant de senteur que l’on ne peut s’empècher s’exhaler.
Parce que les meilleures choses ont une fin et que dernier RER ne rime pas avec dernier verre.
Parce que ma dernière tentative était tellement traumatissante que j’hésite à vous la conter. Cette réticence narrative vient d’une époque de penseés contradictoires où la liberté d’expression est souvent bafouée au point de ne plus pouvoir écrire “avoir peur dans le noir” sans risque d’être taxé de racisme homophobe. Dieu merci, je suis plus Jonathan que David et pour l’amour du risque je vais revivre avec vous cette expérience douloureuse.
De retour d’une escapade phocéenne, la cerne lourde et le foie douloureux, je quittais le confort de mon TGV pour une place inconfortable dans un RER bruyant. Je me calais contre la vitre le regard vitreux comme le ciel. Dès qu’elle s’est assise à coté de moi, ce fut le choc pour ne pas dire la secousse. Le premier contact physique m’a rappelé mon matelas 100% Latex qui durcit à mesure que l’on s’enfonce en lui. Ensuite est venu l’étonnement car si l’on a l’habitude d’écraser sa literie, l’inverse surprend. Puis il y a eu l’emprissoment entre une vitre froide et un corps adipeux à la température indécente. J’ai tourné le visage pour découvrir la cause de cette invasion massive et mon regard est tombé sur une poitrine démessurée, surmontée d’un sourire qui l’était tout autant. j’aurais dû fuir mais à moins de me déboiter l’épaule à la Mel Gibson, je ne pouvais me libérer de mon étau qui était venu avec deux amies du même accabit ayant pris place juste derrière nous. Me voilà donc, petit blanc chétif à la paleur accentuée, entouré par trois mama hautes en couleur à la voix puissante. Bien que je n’ai jamais eu la chance de visiter le marché de bamako, je pense avoir eu un aperçu criant de vérité. J’aurais dû me laisser transporter vers ces rivages lointains bercé par ce dialecte coloré mais mon ame était incapable de quitter ce corps écrasé et douloureux. J’ai vécu ma prise d’otage sans broncher car mes chances d’évasion étaient nulles, mes matonnes aux rires tonitruants épiant la moindre tentative d’incursion en territoire ennemi. je pense les avoir beaucoup amusé.
Voilà, vous comprenez maintenant ma réticence et mon choix à quatre roues. De toute façon, l’enfer n’est qu’à l’aller car les bouchons restent à Paris pour mon retour.

Fred de Mai
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This entry was posted on Vendredi, octobre 13th, 2006 at 10:18 am and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












t’as raison
La vie parisienne racontée par un poète…VIVE LA NORMANDIE, ses vaches, ses petites routes départementales, la mer et son air pur!!!
et bon courage à tous ceux qui vivent à Paris
et trois nuits par semaine, c est sa peau contre ma peau et je suis avec elle….et trois nuits par semaine, mais mon Dieu qu’elle est belle….
Indochine….:p
En tout cas aujourd’hui pour le RER C, c’était râté ! Me suis dépêchée pour rien dès le matin, grrrr… et j’ai mis une demi heure de plus pour rentrer, grrr…
et encore une note qui va faire croire aux provinciaux que l’on vit une vie atrôce à Paris … je vais encore être obligée de rassurer ma famille, les cousins … oui, j’aime Paris et la vie que j’y mène parce que le RER n est pas toujours blindé, parce que comme beaucoup de provinciaux je n’ai pas le c** dans ma voiture tous les matins, d’ailleurs j’en ai pas lol …
Paris je t’aime !
Bon Dieu, qu’elle est belle
Elles sont venues, elles sont toutes là…
… Elles l’écrabouillent leeeeeees mamaaaaaas!
Miss Parker > ouais, je sais
Coralie > et sa pluie fine
Eli > Yep !
Lavomatic > tu vas même pouvoir faire des supers photos de Paris maintenant
Les Blogains > et qu’elle est bleue
Ardalia > merci pour cet éclat de rire
Laura > oups, je t’avais pas répondu grrrrr
Mon cher Fred, sache qu’il ne faut pas croire cette réputation : normandie=pluie, ici nous avons grand ciel bleu depuis…..un bon nombre de jours d’affilés, d’ailleurs je ne me rappelle même pas le dernier jour où il a plu, ah si c’était mercredi dernier en fin d’après-midi (mon fils n’a pas pu aller au foot…)
90 minutes c’est beaucoup et ca peut être court
Propositions honnêtes :
- écouter tes podcast sur l’audioradio
- préparer avec un magnéto tes podcasts
- redécouvrir le son 80′
- les suites de Bach ou les Scissor sisters
- écouter un livre(Evite Notthomb assomant au volant)…