Ceux qui me connaissent un peu vous diront qu’ils ne m’ont jamais vu m’énerver. Ceux qui me connaissent mieux vous diront qu’il est difficile de m’énerver. Ceux qui me connaissent très bien vous diront qu’il ne vaut mieux pas m’énerver.
Samedi après une belle journée de jardinage, une envie de côte de Bœuf est venue contaminer toute la famille. Le Barbecue ayant rendu l’âme, seule l’option restaurant pouvait combler ce désir carnassier.
Hippopotamus archi comble, direction Courte Paille avec ma triple génération de filles (Je rappelle que je vis au fin fond du 91 et que les côtes de Bœuf ne se trouvent pas à chaque sous-bois).
La famille s’installe et commande deux pièces de huit cent grammes (une bleue, une saignante) des pommes de terre au four et un Brouilly.
Premier constat mon verre est sale ou plutôt orné d’un morceau de je ne sais quoi. Je le signale gentiment à la serveuse qui s’essaie à l’humour : « comme cela, vous avez à boire et à manger ». Je ne sais pas pourquoi, en cantine CRS cela me faisait rire, mais là.
Arrive ensuite la salade offerte qui apparemment n’a pas été triée donc je ne la mange pas (je suis difficile soit mais j’aime manger et bien).
Un serveur nous amène nos quatre assiettes de frites et est étonné que nous les refusions sous prétexte que nous avions commandé des pommes au four.
Les côtes de Bœuf arrivent et ma Princesse carnivore trépigne d’impatience. Je m’atèle à lui découper le plus beau morceau que je goûte au préalable pour me rendre compte que la viande est crue et froide à l’intérieur. Je teste la seconde côte de Bœuf, même constat.
J’appelle à nouveau la serveuse (la troisième en fait, nous en avons eu une à chaque plat) qui reprend les côtes en s’excusant. (Rien de grave, il suffit de patienter)
Les premières côtes reviennent (car il s’agit des mêmes) mais on ne peut plus parler de bleu ni de saignante car les tranches découpées ont été remises sur le grill et sont maintenant trop cuites.
J’avoue que le jeu m’amuse de moins en moins, mais je reste calme quand je rappelle la serveuse. Cette dernière semble étonnée de me voir me plaindre de la cuisson. Elle reprend tout de même les côtes et appelle son chef de rang que je suis du regard. Il s’approche, se fait expliquer la situation, échange un signe de tête entendu et me ramène l’une des côtes de Bœuf. Je l’attends de pied ferme mais il ne se dégonfle pas, il m’explique que les tranches sont saignantes à l’intérieur et il repose la planche sur la table. Calmement (avec un léger tremblement nerveux au niveau de l’œil), je me saisi d’une tranche que je découpe pour lui prouver que l’intérieur, bien que légèrement rosé, n’a rien de saignant. Le jeune homme d’environ trente ans, m’explique qu’il connaît bien son métier qu’il exerce depuis 20 ans (précoce le garçon) et que ma viande est saignante. A mon tour, je lui explique fermement que je mange de la viande saignante depuis trente ans (voir plus) et qu’à moins de m’avoir toujours menti, cela ne ressemble pas à cela. Il me demande si je sous entends qu’il connaît mal son métier, je lui réponds que s’il pense que ma côte est saignante, c’est effectivement le cas. Enervé, il reprend la côte pour m’en préparer une autre. Il se dirige vers le grill, pose la première côte sans ménagement, se saisit de l’autre et revient vers nous. Sans discutions, il la pose sur notre table en arguant que celle-ci est saignante et s’en va furibond. Seule la première tranche qui n’a pas été remise au grill est saignante (enfin crue), les autres sont toutes recuites et forcément, trop cuites.
Mise au point : j’aime les plaisirs de la table, je suis facile à régaler et peu contraignant. Je ne supporte pas que l’on me prenne pour un con.
Je demande à mes filles de se lever, je me dirige vers la sortie en demandant ma note. Deux hommes viennent vers moi souriant, m’expliquant qu’il n’y a pas de problème, que l’on va me refaire deux côtes et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Seulement voilà, il ne fallait pas m’énerver. Je leur explique que leur collègue m’a coupé l’appétit et qu’il ne sert à rien d’insister (A me prendre pour un con, je peux le devenir très facilement). Je leur demande une dernière fois de me laisser partir et de me donner ma note. Ils abandonnent et me suivent en caisse. Ils m’expliquent que je n’ai rien à payer et qu’il m’offre une côte de bœuf pour une autre occasion. Je refuse catégoriquement car j’estime qu’ils ne me doivent rien mais ils me saisissent par les avant bras en incitant lourdement. Je suis très énervé, je veux que cela cesse et nous sommes devenu l’attraction du restaurant. Je prends leur bon, je les salue poliment et quitte les lieux avant d’exploser.
Je me suis calmé à l’Hippo sur des os à moelle et une côte de bœuf de 1,4 kilos à la cuisson parfaite, arrosée d’un morgon.
Voilà, vous savez maintenant comment m’énerver.
Fred de Mai
Related posts:
- Place related post plugin php here...
Comments
This entry was posted on Mardi, avril 25th, 2006 at 12:21 am and is filed under Mes mots. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












Ah oui, c’est “vachement” dangereux de t’énerver…
Stella > bon ça va
Courte Paille, c’est un peu le Sherwood de la côte de boeuf, en fait…
Boris > T’es un rancunier, toi !
Arf ! Meuh, nan ! Tiens, une idée : et si tu m’invitais au Courte Paille, ça me donnerait peut-être le goût de retourner au Sherwood. Chiche ? Tope-là !
Ah ça ma rassure que ça n’arrive pas qu’à moi ce genre de problème ! Franchement, je le repète mais le service en France, c’est franchement pas ça… Le client roi, ils connaissent pas !!!
Boris > ça tombe bien, j’ai une côte offerte
t’es dur Fred c’est vachement difficile à cuire une cote de boeuf
)
si tu veux une bonne adresse pour les carnivores, vas plutot à “l’Aubrac” c’est dans une rue perpendiculaire aux champs élysée.
Chaque fois que j’y suis allée la viande était à tomber.
Jo
Ca ne doit pas être facile tous les jours de vivre au fond du 91… lol
Jo a raison, à l’Aubrac la viande est toujours excellente. C’est rue marboeuf (le nom était prédestiné à accueillir un tel resto..)! Mais c’est vrai que du 91 ce n’est pas le premier resto qu’on croise.; Tu as eu bien raison en tout cas. Je suis comme toi je déteste par dessus tout qu’on me prenne pour un con !
Bon, viens te faire une ou plusieurs côtes sur notre île… Avec tes femmes si tu le veux
Je te promets, les verres sont propres, le brouilly sera à profusion et la viande en quantité au choix, bleu ou saignante.
Et bien sûr, pommes au four, et/ou frites maison.
D’ailleurs, s’il fait beau, j’en parle à un voisin et on se met dans son jardin ouvrier tous en famille.
Boris, pour la peine tu ne seras pas invité !
taffant dans le 91 (limite nord, faut pas déconner non plus) je confirme, la morue est plus facile à pecher que la bonne viande.
Quelle idée a eu Fred de Mai ?!…
Amener sa petite famille dans une chaîne un samedi soir après une belle journée ne pouvait que l’énerver, et voilà c’est fait ! Il s’est calmé chez l’hippopotame franchouillard qui est hélas avant-dernier du classement Steak-Frites du Figaro…
Je confirme pour l’Aubrac, la viande est top là bas ! (et le vin aussi
)
C’est tout ?? Je m’attedais à ce que tu lui écrase du beurre maître d’hotel dans les yeux, un truc comme ça
C’est une honte absolue ! C’est pêché hein de faire ça à une côte de boeuf bordel !
Quelle horreur, un tel déchaînement de violence… Promis, je t’embêterai plus…
Eh bien ça m’a donné envie de côte de boeuf tout ça pour ce soir.
Ou d’un bon magret au roquefort.
Si le coeur t’en dit m’a table t’est ouverte
Le nom exact est “La Maison de l’Aubrac”.
En plus d’avoir une viande à tomber, ils font un alligot de folie et pour les adeptes de bon vin ils ont une des meilleures cartes de Paris.
Cela en fait pour moi une des meilleures tables de Paris et cela 24/24…
Houla … Y a de quoi s’énerver aussi, l’incompétence quand on lui additionne l’incorrection je ne supporte pas non plus! T’aurais du lui montrer ce que ça veut dire “saignant” koi non je suis pas une violente , t’as bien fait Fdm
‘tain t’as été rudement patient….
Moi j’aime bien quand tout le monde est d’ac avec mes bons conseil d’habitude c’est l’inverse ça me change!!!
Jo
Et bien… moi je trouve que tu as fait preuve d’une patience exemplaire face à ce chef de rang complétement con. J’en connais certains qui lui auraient envoyer en pleine tronche hein, sa cote de boeuf!
Non mais.. saignant, j’ai dit…!
bordel de m*** (ça y est j’suis énervée)
:o)))
Le gros problème des chaines de restaurants, tous le monde s’en fou, de toute façons ça marche avec ou sans toi.
Rien ne remplace un vrai resto tenu par un vrai patron qui aime sa clientèle.
C’est assez repoussant tout ça… justement avec les témoignages de clients-blogueurs mécontents est-ce que ce genre de choses pourra perdurer?
Il y a eu le cas il y a quelques années, un couple qui fêtait un anniversaire particulier ont été très déçu par un restaurant 4 étoiles anglais, ils l’ont dit sur un blog, et ils ont reçu des excuses et le remboursement de la note.
oups deux personnes (un couple), etc. bref merci de corriger.
Cécile > je sais mais bon
Jo > c’est un peu loin
SickBoy > c’est la jungle
[ma][nu] > merci du soutien
Pem > vendu
Arno > la morue frétille
Blonde attitude > avis d’experte
Valentin > t’es un violent toi
Jean-Pascal > j’attends l’adresse
Robin > A voté
Ik > non mais
Miss Blablabla > un peu trop même
Jo > tout le monde t’aime
Libellul > Oulah ! Nerveuse
Denis > Vive le petit commerce
Natacha QS > Il ne faut pas se laisser faire
Moi j’en ai une bien bonne au sujet de coutepaille…elle concerne le tartare de boeuf ! Ceux qui me connaissent savent aussi qu’il est difficile de me faire sortir de mes gonds mais là, c’était aux limites du réel !
J’aurais volontiers convoquée la presse pour leur relater les faits…mais à y réfléchir ç’aurait été donner trop d’intérêt à une pauvre fille, trop débile pour comprendre ce que l’adage “le client est roi” veut dire !
Bravo pour ton self control ! (Je me sens moins seule depuis que j’ai lu ce qui t’étais arrivé…MERCI DU FOND DU COEUR !!!) :-p