J’ai toujours voulu être une star.
Et j’ai réussi.
Oui messieurs dames.
Si ce ne sont pas les feux de la rampe qui illuminent mon divin corps écriné d’une longue robe en satin, c’est la lumière des néons de mon supermarché, bien que trop violente et trop froide, qui met en valeur mon teint, trop pâle de ne profiter de l’air du dehors que quand la nuit tombe, que mon magasin ferme ses portes et que je retourne à la vie anonyme, loin de ces projecteurs de fortune.
Certes, je n’ai jamais obtenu de premier rôle au cinéma, et pourtant, chaque matin, quand le rideau se lève, même s’il est en métal et pas en velours rouge, c’est une énorme comedia dell’ Arte qui commence, gigantesque balai de fourmis travailleuses qui se faufilent entre des clients pressés, figurants de notre épisode du jour, guidés par mes soins, suivant le scenario que j’ai méticuleusement écrit.
Bien sûr, ce n’est pas la foule en délire du festival de Cannes qui me hurle que je suis merveilleuse, ce ne sont que mes clients préférés qui viennent me congratuler d’un “vous êtes la personne la plus gentille et la plus serviable que je connaisse”.
Evidemment, ce ne sont pas les éditeurs qui se battent pour obenir le droit de publier mes textes, juste mes superieurs hierarchiques qui trouvent que ma plume et mon humour décalé donnent naissance à des affiches publicitaires du meilleur goût, et qui m’apellent régulièrement pour avoir l’exclusivité de mon imagination débordante sur la foire à la choucroute ou le festival de la morue.
Si ce n’est pas en exposant dans un musée que je laisse vagabonder ma fibre artistique, c’est en mettant en valeur chaque recoin de ma surface de vente, à grands coups de décoration colorée et harmonieuse.
Oui, mes seules prestations vocales se résument à encourager les clients à se rendre au plus vite au rayon charcuterie, mais je le fais en vers, modeste poète commerciale que je suis.
Certes, ce ne sont pas les groupies en délire qui viennent me demander des autographes en me gratifiant d’un “Capuciiiiine, on t’aime”, juste les livreurs et la comptabilité qui me demandent de parapher les reçus et autres factures en attente de paiement.
Alors non, je ne fais pas la couverture de Closer. Et pourtant, oui, moi, Capucine, petit chef de la grande distribution, dans mon quartier, je suis une star.
Manu Cash : Coupé ! Coupé ! Je ne supporte pas la poésie de supermarché…
Dédé le Boucher : Ce ne sont pas les éditeurs qui se battent pour obtenir le droit de publier mes textes”, dites-vous. On n’est jamais si bien servi que par soi-même! Rien à ajouter, par conséquent…
Calamity James : Après le fast-food, voilà le supermarché. Il n’y a pas à dire, ce concours est en plein dans le glamour… Chère Capucine, je vous souhaite autant de succès ici qu’au Festival de la
morue. Michel Edouard Leclerc n’a qu’a bien se tenir, il a maintenant de la vraie concurrence dans la blogosphère. Bravo”.
Dove Paria : Plus qu’à la comedia dell’Arte, je vous verrais bien à la pizzeria dell’Arte tant votre texte me rappelle leurs immangeables pizzas.
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Comments
This entry was posted on Lundi, août 27th, 2007 at 11:00 am and is filed under Divers même l'été. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.












Ils aiment quelque chose parfois les juges ?
hé hé, moi j’ai trouvé cette envolée lyrique plutôt amusante !
Mike, ce sont des juges, c’est jamais sympa un juge !
Mike > je ne crois pas. Attends, on me confirme, ils n’aiment rien à part fracasser des gentils candidats
Declik > demain ton tours viendra
bah si ce n’est que ça, je viens faire caissière et on monte un hairspray du blogfour (ne pas confondre avec carrefour ni le darfour). Ca pourrait être drôle de danser sur les tapis roulants de la caisse non ?
“Declik > demain ton tours viendra”
C’est une menace, Fred ?
Même pas peur …
@Mike en tout cas, pas ton blog…