Comme tout homme moderne, marié à une ménagère de bien moins de cinquante ans, working girl et jolie maman, je me dois de participer aux taches dites ménagères non prévues à l’évolution promise à l’homo erectus mais nécessaires à l’entente cordiale du couple vivant à cent à l’heure.
Par sens de l’équité mais surtout pour cause d’incompétence notoire concernant certaines activités liées au quotidien, j’ai choisi ou plutôt j’ai été relégué aux taches les plus adaptées à mon manque de discernement concernant certaines bases domestiques. Outre la fonction primaire dévolue à l’homme marié qui consiste à descendre les poubelles que sa femme remplie à une allure incroyable de choses inutiles à ses yeux et que vous chercherez ensuite vainement durant des heures, mon domaine de compétences comprend comme principales activités : la cuisine, la couture et l’aspiration frénétique des poussières et autres acariens, invisibles à l’œil de l’homme non préoccupé mais nuisibles à l’équilibre mentales de l’épouse adepte de la tolérance zéro en terme d’hygiène.
Concernant la cuisine, je la considère non comme une contrainte mais comme un plaisir donc jamais je ne rechigne aux fourneaux et rarement d’ailleurs je ne cède ma place malgré les talents indéniables de ma moitié culinaire.
Concernant la couture, je suis tombé dedans quand j’étais petit. L’action féministe de ma mère étant de faire de son fils un homme indépendant même au niveau des taches ménagères. Je n’ai pas un niveau de couture exceptionnel mais il dépasse de loin celui de ma dame donc, à moi fil, aiguille, chat, bouton et l’ourlet de pantalon.
Pour finir, passons à la plus prisée des taches ménagères, celle qui permet à l’homme de manœuvrer, d’exprimer sa puissance et de faire place propre sans trop d’effort. Je parle bien sur de passer l’aspirateur qui est également la seule tache concédée lors de discutions en présence d’autres males aux torses virils et à l’activité ménagère non avouée.
C’est pour cela que j’avais acheté un dyson, car tant qu’à avouer sa participation à l’effort commun domestique, autant le faire avec classe, exhibant un matériel beau et puissant. Voilà donc 5 ans que je n’hésite plus à lâcher insidieusement au cours de certaines discussions : je passe l’aspirateur soit, mais cet un dyson ! Cette simple réplique entrainant soit le regard fuyant de l’homme mal doté, soit le sourire entendu de celui qui fait partie des élus.
Seulement voilà, avec le temps ma force centrifuge s’est amoindrie, ma réplique engendre plus de sourires que de regards fuyants et ma cuve transparente s’est encrassée. J’ai donc décidé de changer d’aspirateur avec l’appréhension de celui qui va changer de monture, voiture enfin tous les trucs en « ure » qui plaisent aux hommes.
Ma première idée a été naturellement de me dire, rien de mieux pour remplacer un dyson qu’un autre dyson, what else ? Cette vérité douteuse et couteuse à volé en éclat dès que j’aperçu les reflets scintillants des spots sur la robe rouge moulant ses courbes généreuses. Coupe aérodynamique, profilée, chaussé large (j’apprendrais plus tard qu’il s’agit de fausse roues masquant de plus petites, moins esthétiques mais plus maniables), terriblement futuriste avec un nom venu de l’au-delà : Xarion.
Je venais de vivre une révolution, une airvolution pour être plus précis en découvrant le dernier aspirateur Hoover designé par Momo (le même qui fait des volants de Ferrari et des casques branchés). Séduit par la carrosserie, il me fallait découvrir ce qui se cachait sous le capot : une technologie aspirante, décoiffante. Je me voyais déjà assoir ma position d’homme moderne dominant en révélant la puissance de mon nouvel aspirateur à un parterre médusé par sa puissance de 22900 G. Non mais vous imaginez, 5000 fois plus puissant qu’une formule 1 !
Mon choix était fait, mon dyson relégué à l’aspiration de nos habitacles automobiles, mon Xarion trônant dans mon salon, m’imposant comme l’hommo modernicus ultime, celui qui aspire plus vite que son ombre, pilotant avec dextérité son bolide d’une main experte sur une poignée pour le moins familière.
Fin de note à usage exclusif de la ménagère de moins de 50 ans :
Laissons la prose et le phantasme masculin pour passer au factuel.
Xarion c’est :
Des filtres simples à nettoyer nécessitant peu d’entretien, une utilisation simplifiée notamment pour le montage et démontage de la cuve, des filtres anti bactérien, une brosse parquet, un brosse Turbo spécial tissu, un poids allégé, une maniabilité accrue, une efficacité optimum, un prix défiant la concurrence et un mari comblé prêt à tout aspirer dans la maison.
Je ne sais pas si je possède les qualités requise pour devenir une sommité de l’aspiration domestique mais j’ai pris plaisir à vous parler d’un objet qui rend ma tache moins ménagère.