De nombreuses notes en ce moment (depuis un certain temps en fait) parlent de la relation agences/blogueurs. Je rejoins souvent les propos pertinents émis par les blogueurs sur le sujet, j’adhère à la note de Damdam qui, en plus d’être toujours juste dans sa vision, et un ami avisé et fidèle (cela au moins est clair).
Une chose pourtant m’étonne. Bien que ce soit pour moi une évidence, personne ne parle de la connaissance du blogueur avec qui il va communiquer. Quelle agence prend le temps de lire ceux qu’elle va solliciter, mise à part des notes parlant de son opération ? Qui prend le temps, lors des soirées de buzz, de s’informer sur les passions, passe-temps ou tout simplement sur la vie et les envies des blogueurs présents ? N’y a-t-il que l’audience comme pertinence ?
J’ai été amené à donner mon impression sur le blog pour la première fois lors d’une invitation de l’agence ketchum (via DDB et Eric Maillard) pour comprendre le phénomène des blogs. Dans la salle, Loïc, Charles, Tristan et autres « sommités bloguesques » et des interlocuteurs incrédules face au pouvoir montant de l’Internet et l’utilité du blog. Après plusieurs minutes de débats enflammés sur les craintes de l’internet et son inhumanisation j’avais suggérer la chose suivante : pourquoi le blog ne serait-il pas justement le retour à une humanisation de l’Internet ?
Je reste persuadé de ce fait, c’est pourquoi cela m’ennuie d’être traité juste comme un relais d’information, un paquet de liens ou un « influenceur ». J’aimerai tellement qu’une agence vienne me voir en me disant : tiens, fred, nous avons pu lire ou voir ton intérêt pour la photo et nous aimerions te présenter un produit qui pourrait d’intéresser. Plutôt que de me buzzer sur un truc parce que je suis un blogueur à potentiel, un possible relai à buzz ou autre vecteur d’audience pour une agence.
Alors bien sûr, je me fais l’avocat du diable mais quand je mets une bannière, c’est parce que je teste un produit ou parce que j’aime ce produit et non parce que je dois mettre cette bannière pour être sûr de faire partie de la prochaine opé ou pour donner à l’agence qui m’a sollicité, une excuse pour faire croire à la pertinence de sa campagne et justifier ses honoraires (exorbitants) à un chef de produit voulant passer pour le mec « in » de sa marque.
Messieurs et mesdames des agences, prenez le temps de me saluer, de discuter avec moi à la prochaine soirée, étonnez moi sur votre connaissance de la blogosphère plutôt que de me faire une analyse du web 2.0 et tenter de me convaincre l’utilité du publiredactionnel. Si cela vous emmerde réellement de me lire, prenez une assistante qui vous fera un topo mais n’arrivez plus en face de moi avec cette gueule enfarinée pour me demander entre deux gorgées de champagne : et sinon, tu fais quoi comme audience ?
Je vous promets que certains y arrivent très bien et c’est un réel plaisir de prendre un billet de TGV à ma charge pour venir les retrouver ponctuellement.
Pour les autres, il faudrait peut-être arrêter de vous shooter au buzz et réapprendre à lire et à écrire.
Je veux bien être une « pute » parce que c’est le jeu mais parlez moi au moins d’amour. (Ce genre de phrases crues exaspèrent toujours ma dame mais elles ont pour avantage d’être compris par le plus grand nombre).