Archive for janvier, 2008

Compliment matinal

Ce matin, l’œil brumeux et le cheveu hirsute, j’ai reçu un compliment comme on reçoit la missive d’un ami perdu de vue vous annonçant une bonne nouvelle et réveillant votre esprit.

J’ai savouré ce compliment comme on déguste un croissant chaud devant un café fumant à l’aube d’une bonne journée.

J’étais debout sur le pas de la porte à regarder la horde joyeuse qui emplit chaque matin le palier du bruit chaleureux des roulettes de cartable sur le carrelage froid.

J’ai échangé un bonjour puis je l’ai reçu, comme cela, dans un sourire, en pleine sincérité, en plein palier, à moitié dépenaillé, complètement flatté.

J’étais à deux doigt de rougir, j’étais tout sourire et j’ai baissé les yeux pour ne pas paraître présomptueux.

J’ai fermé ma porte sur ce compliment inattendu, laissant mes zygomatiques en mode automatique toute la matinée.

Dehors il fait froid et gris tandis que je souris.

Certains de vos commentaires me font le même effet.

Written on janvier 31st, 2008. 3 Comments

Un rêve divinement diabolique

Je suis de ces gens qui, dès que se ferment leurs paupières, rejoignent un monde imaginaire. Certains rêves deviennent romans, scénario ou note, d’autres tombent dans l’oubli d’un matin endormi tandis que certains résistent, persistent au point de croire que réellement ils existent.

Je rentre chez moi dans un froid sec qui gifle mon visage. En passant la porte de mon foyer je ressens instantanément la douce tiédeur du nid douillet qui m’accueille dans ses bras juste assez chauds pour me faire oublier les morsures d’un hiver qui perdure. Plus je m’enfonce dans mon antre plus monte en moi cette chaleur qui devient oppressante quand je l’aperçois. Il est assis sur mon canapé sans que je l’aie invité. Je ne le connais pas malgré cette impression moins surprenante que dérangeante de savoir, d’avoir toujours su. Il me regarde et m’invite à m’asseoir d’un regard où luisent les abimes du mal. J’ai trop chaud maintenant et je sue de chaleur, de stupeur, tout simplement de peur. Mes lèvres sont sèchent, de ma voix d’outre-tombe :

« Pourquoi moi, pourquoi maintenant ?

Tu ne le sais pas ? »

Je ne sais pas, je ne sais plus, je me sens fiévreux.

« Ai-je fait quelque chose de mal ?

Bien au contraire,

Je ne comprends pas,

Je jalouse ton bonheur »

Je reste là, sans voix, sans vie, à me dire que le diable m’envie.

« Que voulez-vous ?

Faire un pacte.

J’ai lu Faust !

J’ai connu Goethe »

Je ne sais que répondre, j’aimerais fuir avant de cuire.

« Si je refuse ?

Jamais personne ne refuse !

Que me proposez-vous ?

L’immortalité ?

Pour voir mourir ceux que j’aime, à quoi bon.

La notoriété ?

C’est tentant, mais je préfère la mériter

La richesse ?

Elle ne fait pas le bonheur

Le pouvoir ?

Ce doit être épuisant d’être puissant

L’amour ?

Je vois que vous connaissez mal ma vie

Que veux-tu à la fin ! »

Le ton est ferme, je tressaute puis tremblote, je n‘ose lui dire que je n’attends rien de lui, que j’aime ma vie, surtout sans lui. Mais j’ai peur, peur de finir carbonisé par ce regard où brûle l’Enfer. Alors je me tourne vers le seul espoir qu’il me reste, une dernière fois je lève les yeux comme on dresse un étendard et d’une phrase assassine, je le crucifie.

« J’aimerais simplement croire en Dieu »

Le diable a disparu et je me suis réveillé,

Comme je l’ai toujours été,

Athée…

Written on janvier 29th, 2008. 7 Comments

Le plus important pour le blogueur, c’est :

L’inspiration d’écrire des notes

Ou

Le temps de les écrire ?

N’ayant eu, ce matin, ni l’un ni l’autre, je vous pose cette question pour masquer mes manques d’inspiration et de temps. Ceci qui prouve que même sans temps, on peut écrire une note sans inspiration, mais est-ce bien utile ? Dans ce cas est-ce utile de bloguer si l’on a rien à dire et, si oui, peut-on parler de dépendance au blog ? Est-ce qu’un blogueur sans inspiration, ni temps est réellement un blogueur ? De même, un blogueur qui n’a que le temps ou que l’inspiration, est-il vraiment un blogueur ?

Du coup mon inspiration revient tandis que mon temps meurt mais je me sens à nouveau blogueur.

Aurez-vous le temps ou l’inspiration de répondre aux questions que je me pose ? Etes-vous seulement blogueur ? Si vous n’êtes pas blogueur mais que vous avez le temps de me lire et l’inspiration de me commenter, pourquoi ne devenez-vous pas blogueur ? N’êtes vous pas, au final, vous même un peu blogueur ?

Comment vais-je justifier mon retard, a un patron qui n’a pas le temps d’être inspirer et qui ne sait certainement pas ce qu’est un blog ?

Written on janvier 28th, 2008. 4 Comments

Quand mes neurones se touchent

Cela m’arrive de temps en temps, à mon insu, généralement en fin de journée, sans y penser vraiment, il y a cette étincelle qui embrasse mon esprit et éclaire ma nuit. Cette idée de roman qui apparait comme par enchantement, que je façonne à l’insomnie pour en accoucher sous forme de plan matinal, épuisé mais comblé.

Un de mes prochains romans s’appellera « coupable en série », je l’ai décidé cette nuit sans vraiment le vouloir, comme si l’on m’avait imposé un rêve indélébile qu’il me faut maintenant coucher sur papier.

Cinq de ses plans attendent ma plume pour noircir les pages de leur histoire alors bientôt je prendrai le temps de me croire à nouveau écrivain en racontant ces rêves aux allures de cauchemar.

Aujourd’hui j’ai appris un mot, pithiatique. Ce terme neurologique signifie, qui guérit par la persuasion. J’espère que mon mal de l’écrivain non reconnu guérira avec la publication d’un de ces romans que je qualifierais de nocturnes, du moins je m’en persuade.

Written on janvier 24th, 2008. 4 Comments

Réplique sacrée

Hier soir je regardais l’émission de Frédéric Taddéi sur les obligations de laïcité faite à un représentant de la République Française. Sujet que l’on peut simplifier en parlant des prises de positions douteuses du Président Sarkozy concernant la religion ou, pour schématiser à outrance, parler du voyage de Nico au pays de sa démago.

De nombreux invités débatent dont Michel Charasse, ancien ministre Mitterrandien, féru d’histoire et défenseur de la laïcité face à Philippe Solers, écrivain, troublion et dénonciateur du complot américain.

Le débat est animé mais tous semblent d’accord sur l’importance du devoir de laïcité du Président pour préserver le fonctionnement même de notre République démocratique.

Sur ce point, Charasse lâche un impérieux :

« Le Président doit être un adepte de la Laïcité car la République est sacrée… »

Sollers provocateur :

« En parlant de sacré, vous faites entrer Dieu dans la République ! »

Charasse du tac au tac :

« Le sacré n’appartient pas à la religion. Preuve en est, quand je dit sacré con, il n’y a rien de divin là dedans ! »

MAGISTRAL !!!

Written on janvier 23rd, 2008. 6 Comments

Sans tabou à l’ombre des bambous

Au premier rayon dominical d’un soleil encore trop plein d’hiver, comme des milliers de lézards humains, nous avons pris le chemin botanique qui nous guidera jusqu’à la terrasse gorgée d’été dont la simple pensée réchauffe nos sens et emplie nos narines de ce fumet estival venu de la côte, de bœuf en l’occurrence.

Pour faire de notre paradis de toit un jardin de vie sans vis à vis, nous avons opté pour l’intimité d’un mur végétal où nous pourrons sans tabou offrir nos corps aux caresses de l’astre flamboyant à l’abri des bambous.

voiturebotanic.jpgMais avant cela, il faudra encore de ces dimanches d’hiver où pointent les rayons d’une promesse chaleureuse pour, de notre voiture verte, acheminer l’éden végétal d’un été protégé à l’ombre des bambusa aurea.

Written on janvier 22nd, 2008. 0 Comments

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