On dit souvent que la vie est un combat. Combat contre soi, contre les autres, contre la mort parfois. J’ai toujours considéré ma vie comme l’ascension d’un sommet. Vous arrivez fringuant et motivé puis cela monte, monte encore, monte toujours. Les premiers obstacles sont ludiques puis physiques, quand arrive la peur on sent l’ombre de la mort. Les premières chutes vous font rire puis souffrir puis horriblement souffrir puis à tout jamais souffrir. Heureusement, avec le temps, l’expérience, la connaissance on ne tombe plus souvent. De plus, il y a les autres, rencontrés en chemin, toujours prêts à tendre la main, à porter secours, à donner l’amour.
Alors vos jambes sont lourdes mais votre cœur vaillant et votre tête en avant, déjà peut être là haut, peut être un peu trop tôt car elles sont là. Celles qui vous arrêtent, celles qui vous font douter, celles qui vous font trembler parfois même renoncer. Passages obligés, minutes d’éternité, peur non dissimulée. Elles, se sont les arêtes de la vie, passages dérisoires suspendus au néant, battus par les vents. Passages de vie qui en un instant peuvent vous l’ôter. Chaque pas pour les traverser est un ultimatum, combat d’homme. Chaque mouvement de corniche sous vos pieds est un appel du vide et vous êtes livide même si à chaque pas gagné, un espoir est donné.
Aujourd’hui, je m’engage sur la plus effrayante des arêtes. Chemin de croix sans y croire, chemin de foi sans savoir. Cent fois j’ai rêvé ma chute, corps disloqué d’un pantin qui disparaît comme de rien. J’ai senti mes os se briser, mon corps se vider, vider de moi, vider de toi, vider de tout. Je n’ai pas souvent eu peur, je ne sais pas maintenant si c’était une erreur. Le fait est que je ne suis pas habitué et que tout mon être est torturé.
Je ne veux pas tomber, je ne peux pas tomber, j’ai peur de tomber, je ne mérite pas de tomber, je n’ai plus la force de tomber, pourquoi tomber, vont-ils me faire tomber ?