La petite souris : improvisation et nouvelle législation.
Le moment tant attendu est enfin arrivé. Cette dent, sans cesse touchée, tournicotée et observée, a décidé de choir dans la voiture tandis que maman conduisait Princesse à l’école. Je n’étais pas présent lors de cet événement mais j’imagine l’ambiance surchauffée dans l’habitacle puis la panique quand la dent chue chuta par inadvertance. Heureusement le petit bout d’émail fut retrouvé, exhibé puis déposé sous un coin d’oreiller pour y être échangé.
Au matin, un long sanglot monta de la chambre de Princesse. Super maman se précipita tandis que faisant preuve de plus de sang froid, je tirais à moi la couette en bougonnant. Bien qu’ayant les yeux clos, mes escourdes étaient en alerte maximum car comme tout le monde le sait, on entend mieux les yeux fermés. L’explication vint dans une longue complainte :
« La petite souris, snif, n’est pas passée, bouh…. »
Oh mince comme le dirait ce crétin de Chippeur, nous étions passés au travers et j’allais me porter en renfort de ma Dame pour faire face à cet état de crise (si, si, je vous le jure, j’y ai pensé) quand j’ai entendu la phrase magique lâchée par Super Maman, Reine de l’impro :
« Tu sais, ma chérie, c’est normal. La petite souris ne passe pas quand la chambre n’est pas rangée. »
Fin des sanglots, fin de la culpabilisation parentale et reprise immédiate de mes ronflements.
Autant vous dire que le rangement de la chambre fut une priorité, que la dent fut à nouveau dissimulée sous un coin d’oreiller, que la souris trouva enfin son chemin dans la chambre immaculée et que ma Princesse poussa un cri de joie en découvrant l’étincelante pièce de 10 francs en argent. La souris ne s’est pas moquée d’elle car il faut savoir payer le prix du pardon de ses erreurs, mêmes non avouées…