Avant de partir en fumer
Ô toi ex compagnon de galère, pendu à ton filtre comme un âne à sa carotte. Je t’implore de lire sans détour mon discours car il peut te sauver la vie et accessoirement la mienne.
J’ai réussi, et je n’en suis pas peu fier, à arrêter de fumer après 21 ans de zèle actif pour promouvoir l’industrie du cancer. J’ai tout porté en bouche, brune, blonde, bien roulé, cubaine ou rigolote (oui, il existe des cigarettes qui font rire). J’ai usé mes poumons à plagier le cow-boy marlboro, image virile de l’homme suicidaire.
6 mois sans aucune tentation (ou presque), sans aucune faiblesse, sans aucun stress et aucune retombé collatérale si ce n’est un surplus pondéral localisé.
6 mois de combat, de force de caractère, de respect de ma vie, de mon entourage et voilà que toi, fumeur, tu me replonges dans les contraintes de ta dépendance, sans me respecter et sans t’en rendre compte. Je ne te blâme pas car j’étais le pire d’entre tous, j’aimerais juste dissiper le nuage qui masque ceux qui t’entourent.
Fumer tue, tu le lis chaque jour sur tes paquets hors de prix. Fumer pue, tu ne t’en rends plus compte mais tu empestes. Fumer nous tue, et ça tu ne veux pas le voir.
Depuis une semaine, je passe mes soirées en compagnie de fumeurs, la gorge me brûle, chaque déglutissement est un enfer, chaque effort fourni est réduit à néant car tu me tues à petit feu. Chaque bouffé inhalée puis recrachée me replonge dans cette autodestruction dont je m’était affranchi. Non seulement, tu alimentes ton agonie mais en tout égoïsme tu la partages sans que cela te semble contradictoire.
Alors, fume si cela t’enchante, ta vie t’appartient mais par pitié car du respect tu n’en as plus, épargne la mienne.
Fred de Mai, repenti.



