
Cette nuit, les yeux lourds et rougis par de longues heures d’écriture, j’ai effectué un dernier tour de zapping en baillant. En arrivant sur M6, je suis tombé sur la rediffusion de « vive la cantine » avec Cyril Lignac. Les morceaux choisis pour le générique étaient pertinents car mon envie de dormir a fait place à la curiosité puis très vite à l’indignation. J’ai regardé toute l’émission avant d’aller me coucher non pas épuiser mais atterré.
Je ne suis pas naïf, je connais bien le monde de l’alimentation des collectivités mais je ne réalisais pas vraiment ce que signifiait cantine autogérée si ce n’est un vague souvenir d’écolier et un constat d’enfant : « la cantine c’est pas bon ». Je sais maintenant pourquoi.
Premier constat, difficile de faire bon avec seulement 0.50 centimes d’euro pour un plat principal. Difficile de faire du goût avec 5 kg de poudre qui vont se transformer en purée dans 25 litres d’eau. Difficile de cuisiner avec du matériel restreint.
Là n’est pas le plus grave, on peux blâmer les mairies, l’état de ne pas accorder plus de crédit à l’alimentation de nos enfants. On peut regretter que la « mal bouffe » soit industrialisée. On peut craindre que l’obésité ne gagne nos chères têtes blondes mais comment peut-on reprocher aux autres la mauvaise éducation culinaire des enfants ?
Quand Cyril Lignac passe dans une classe de grande section de maternelle, aucun des enfants présents n’est en mesure de reconnaître ou de citer un artichaut, une endive ou une asperge. Comment cela est-il possible ? Que font les parents ?
Je l’admets, les petits ont du mal avec les légumes mais c’est à nous de chercher ceux qui leur conviennent le mieux. Princesse a appris à aimer les artichauts, les asperges, elle adore le brocolis. Elle n’aime pas les courgettes ou les endives mais au moins, elle sait les reconnaître et y a goûté au moins une fois.
D’accord, avec nos vies à 100 à l’heure, il est plus simple de commander une pizza, de passer au Mac Do ou de faire des pâtes. Dans ce cas, il faut prendre un peu de temps sur son week-end pour transmettre le goût à nos enfants. Je ne parle pas de les forcer, juste de trouver des compromis et surtout de les éduquer culinairement. Princesse avait du mal avec le poisson, nous lui avons fait goûter de multiples espèces pour trouver celles qui lui convenaient en terme de goût. Elle se régale maintenant de saumon, de thon, mais aussi de filets de limande.
J’adore manger, j’aime les enfants par-dessus tout, c’est pourquoi je suis attristé par ce que j’ai vu dans cette émission. Je suis révolté par cette inconscience parentale, cet abrutissement collectif qui formate le goût et nos aliments. Non je n’ai pas envie de bouffer de la poudre, ni d’avaler des placebos de légumes ou de viandes et je supporte encore plus mal qu’on l’impose à des enfants..
Si cela intéresse quelqu’un, j’aimerais réaliser des vidéos, des dessins, des textes ou tout autre idée éducatives et ludiques que l’on pourrait diffuser à des enfants en bas ages pour leur apprendre les richesses de notre terroir. Faire quelque chose de simple et amusant qui donnerait envie aux enfants de goûter le produit présenté. Que le soir, en rentrant à la maison, ils réclament une asperge ou un artichaut. Mon rêve semble utopique, chose navrante car il s’agit d’une chose simple et naturelle qui devrait faire partie de notre patrimoine.
Je vais faire quelque chose, c’est certain. Je réfléchis et je vous en reparle, très vite. Je n’ai pas vraiment le temps mais c’est de nos enfants qu’il s’agit, donc…
Fred de Mai